Suivi des enfants prématurés : en bonne santé mais « vulnérables »
À l’âge de 10 ans, la majorité des parents interrogés affirment que leurs enfants nés prématurément sont en bonne santé globale et sont tous scolarisés. Cependant, certains d’entre eux montrent des difficultés comportementales et scolaires, nécessitant des soins de santé spécifiques ou un soutien scolaire spécialisé, entraînant également une participation limitée à certaines activités sociales. Ces résultats proviennent d’une étude publiée dans eClinicalMedicine.
En France, 7 % des naissances sont prématurées, c’est-à-dire avant 37 semaines d’aménorrhée. Cette prématurité peut entraîner des altérations fonctionnelles et structurelles de plusieurs organes, notamment du cerveau. Comprendre les défis auxquels ces enfants et leurs parents font face est crucial pour améliorer leur suivi et leur prise en charge.
Depuis 2011, l’équipe Oppale du Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (Inserm/Université Paris Cité) suit le développement d’enfants nés prématurément. Dans le cadre de l’enquête Epipage-2, les chercheurs ont évalué 2 181 enfants nés prématurément et les ont comparés à 7 286 enfants nés à terme issus de la cohorte Elfe. Les données ont été recueillies par le biais d’entretiens téléphoniques avec les parents, portant sur le comportement de l’enfant, l’accès aux soins de santé, la scolarité et la participation aux activités sociales.
Les résultats montrent que 16 % des enfants nés prématurément présentent des difficultés comportementales, contre 12 % pour ceux nés à terme. Près de 50 % des enfants nés extrêmement prématurément reçoivent au moins un soin lié à des difficultés développementales. En ce qui concerne la scolarité, 23 % des enfants nés prématurément bénéficient d’un soutien scolaire, un taux supérieur à celui des enfants nés à terme, qui est de 12 %.
En termes d’activités sociales, 69 % des enfants nés prématurément pratiquent un sport, contre 77 % des enfants nés à terme. De plus, 54 % des enfants nés prématurément ont été invités à passer la nuit chez un ami au cours de l’année écoulée, comparativement à 63 % des enfants nés à terme.
Les parents estiment que leurs enfants sont généralement en bonne santé, mais 14 % des enfants nés entre 24 et 26 semaines présentent des limitations dans leurs activités quotidiennes, souvent dues à des troubles neurodéveloppementaux. Environ 20 % des parents rapportent des difficultés émotionnelles, comportementales ou relationnelles chez leur enfant.
Véronique Pierrat, première autrice de l’étude, souligne que ces résultats mettent en évidence la vulnérabilité persistante des enfants nés prématurément et l’importance d’un suivi personnalisé, notamment pour ceux nés extrêmement prématurément.
Les résultats révèlent également que les difficultés rencontrées par ces enfants peuvent avoir des répercussions sur le bien-être des familles, en raison de la fréquence des besoins en accompagnement spécialisé.
Source : Inserm, communiqué du 9 septembre 2026.

