Armes à feu : comment la Suisse encadre leur achat ?
L’homme suspecté d’avoir commis la fusillade à Aarau, survenue dans la nuit du 29 au 30 août, était en possession de deux pistolets et d’un fusil semi-automatique, tous obtenus légalement. Cet incident tragique, qui a entraîné la mort d’une femme de 22 ans et blessé cinq autres personnes, soulève des questions sur les régulations entourant la possession d’armes en Suisse.
En Suisse, le droit d’acquérir et de posséder une arme est encadré par la loi, sous certaines conditions. Pour obtenir une arme, une personne doit généralement se procurer un permis auprès d’un office cantonal des armes. L’adjudant Pascal Berset, chef de la section armes, pyrotechnie et explosifs de la police cantonale de Fribourg, explique que plusieurs critères doivent être vérifiés : la personne doit être majeure, ne pas être sous curatelle de portée générale, et ne pas présenter de risques d’utilisation dangereuse de l’arme, que ce soit contre elle-même ou autrui. De plus, toute personne ayant un casier judiciaire pour des faits de violence ou deux inscriptions pour d’autres motifs se voit interdire l’accès à des armes.
Pour certaines armes à feu, un permis n’est pas nécessaire et un simple contrat écrit suffit. Cela inclut les armes de chasse à un coup et à plusieurs canons. Toutefois, les armes semi-automatiques à chargeur de grande capacité sont considérées comme interdites mais peuvent être acquises sous réserve d’une autorisation exceptionnelle. Depuis 2019, les cantons ont délivré des milliers de ces autorisations, permettant l’acquisition d’armes classées comme interdites.
Cette situation interpelle sur l’évolution des réglementations en matière d’armement et sur leur efficacité à prévenir des tragédies. Les questions se posent : qu’est-ce qui encadre légalement la possession d’armes en Suisse ? Comment la réglementation a-t-elle évolué ces dernières années ? Est-il possible pour tout le monde d’acheter une kalachnikov en Suisse ?
Source : Grégoire Molle et l’équipe du Point J.
