“On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe” : en Isère, Joris Laurencin, 21 ans, s’est suicidé après avoir subi un harcèlement raciste

Le suicide d’un jeune homme en Isère après des actes de harcèlement raciste

Le matin du lundi 13 juillet dernier, le corps sans vie de Joris Laurencin, 21 ans, a été découvert près de son domicile à Châtonnay, un petit village d’Isère proche de Vienne. D’origine algérienne par sa mère, le jeune homme se serait donné la mort en se tirant une balle dans la tête. Sa famille établit un lien entre ce geste tragique et le racisme dont il a été victime. Ils évoquent particulièrement une soirée du 30 juin lors d’une fête locale, la vogue de Saint-Jean-de-Bournay, comme un événement déterminant dans son suicide.

Selon son oncle, Joris aurait été « humilié » et traité de « sale arabe » par un groupe d’hommes. Ces allégations sont corroborées par Me Elise Rey-Jacquot, avocate de la famille, qui a reçu un témoignage d’une femme présente à la fête, affirmant avoir vu le jeune homme « être mis tout nu et humilié publiquement ». La famille a lancé un appel à témoins sur les réseaux sociaux, exprimant leur douleur : « Aujourd’hui, notre famille est brisée. Nous avons perdu un fils, un petit-fils, un neveu, un cousin de seulement 21 ans. »

Le harcèlement que subissait Joris n’était pas nouveau ; il avait été la cible d’insultes et d’humiliations récurrentes pendant des années. Son oncle a déclaré que « on le traitait de sale bougnoule, de sale arabe », ajoutant que Joris avait commencé à développer des complexes, regrettant sa couleur de peau, héritée de sa mère.

En plein deuil, la famille Laurencin a déposé plainte à la gendarmerie de Saint-Jean-de-Bournay pour « harcèlement aggravé par le suicide ». Ce drame met en lumière les conséquences du racisme sur la santé mentale des personnes qui le subissent. Des études récentes soulignent les effets néfastes des discriminations sur le bien-être psychologique, un sujet qui suscite de plus en plus d’intérêt parmi les professionnels de la santé et les chercheurs.

L’affaire a rapidement pris une dimension nationale. L’association SOS Racisme et son antenne locale en Isère ont publié un communiqué affirmant que cette mort n’est pas « un simple fait divers », mais s’inscrit dans un contexte de « libération de la parole raciste » et de « banalisation dans le débat public ». Ludovic Herbepin, président de SOS Racisme Nord-Isère, a fait état d’une recrudescence d’actes racistes et antisémites dans la région, illustrée par des incidents tels que des tombes profanées et des menaces ciblant des habitants de confession musulmane.

Source : France 3 Rhône-Alpes

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