Pour une véritable stratégie de réindustrialisation
On parle plus souvent des usines qui ferment que de celles qui ouvrent. Il est important de souligner les annonces positives telles que l’investissement de Valéo à Angers pour des systèmes d’éclairage de nouvelle génération et l’implantation de Thomson Energy à Sully-sur-Loire pour la production de pompes à chaleur. Ces projets représentent des avancées encourageantes dans un contexte économique morose.
Cependant, ces initiatives doivent s’inscrire dans une stratégie industrielle à long terme. L’investissement est essentiel, mais il doit être accompagné d’une politique qui garantisse durablement la production, les emplois et la maîtrise industrielle sur notre territoire.
C’est dans cette optique que se déroulera la journée « industrie » organisée par la confédération FO le 8 octobre prochain. Cette rencontre réunira des experts et des acteurs du monde économique et social pour échanger sur les grands enjeux industriels auxquels la France fait face, afin d’éclairer les défis et les perspectives de la réindustrialisation. Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes.
En matière d’emploi, un des défis majeurs consiste à faciliter, accélérer et sécuriser l’insertion des jeunes sur le marché du travail. Cela implique de travailler sur l’orientation, l’accompagnement, la formation, ainsi que l’attractivité des métiers, notamment ceux de l’industrie. Des études montrent que de nombreux jeunes associent encore l’industrie à des stéréotypes négatifs tels que la pollution et le déclin. Il est crucial de lever ces barrières, car l’industrie est innovante, au cœur de la transition climatique, et offre de meilleures rémunérations ainsi que des perspectives d’évolution et de formation.
Force Ouvrière (FO) défendra ces convictions lors des discussions sur le modèle productif, qui s’engageront dans le cadre de l’agenda social autonome. Pour faciliter l’insertion des jeunes dans l’emploi, FO proposera un nouveau dispositif visant à aménager les fins de carrière des travailleurs âgés, en remplaçant leur départ à la retraite par l’embauche d’un jeune. Ce dispositif s’inspire de l’ARPE, qui a permis à près de 160 000 personnes de cesser leur activité dans de bonnes conditions et à environ 150 000 jeunes d’acquérir une première expérience professionnelle en CDI à la fin des années 90. Alors que le taux d’emploi des jeunes reste inférieur de dix points à la moyenne OCDE et qu’on dénombre près d’un million et demi de NEETS (ni en études, ni en emploi, ni en formation), FO remet cette proposition sur la table. Les négociations devront commencer dans les plus brefs délais.
Enfin, il est souhaitable que l’été 2026, qui marquera les 90 ans de la loi instaurant les congés payés, soit l’occasion de réfléchir à l’avenir de l’industrie en France.
(Source : Force Ouvrière)
