Une « mise en danger des patients » : à Strasbourg, les livraisons clandestines par drones vers la prison empêchent l’atterrissage d’hélicoptères à l’hôpital
La multiplication des livraisons par drones vers la maison d’arrêt d’Elsau rend impossible l’atterrissage d’hélicoptères depuis trois semaines au CHU de Hautepierre, sans qu’une solution viable ne soit trouvée, suscitant la colère de nombreux soignants.
Depuis trois semaines, chaque nuit, des hélicoptères ne peuvent plus atterrir sur la piste des urgences de l’hôpital de Hautepierre, à Strasbourg. Cette situation est causée par des risques de collision avec des drones livrant clandestinement des marchandises aux détenus de la prison voisine. La prise en charge des patients en est directement affectée, et cette situation suscite l’indignation des soignants. Les hélicoptères du Samu sont détournés vers un autre hôpital en centre-ville, entraînant des transferts en ambulance.
Christian Prud’homme, représentant du syndicat FO santé au CHU de Strasbourg, souligne que chaque minute compte dans les urgences vitales, notamment pour les polytraumatisés ou les cas nécessitant une neurochirurgie. Selon lui, « une demi-heure perdue peut réduire les chances de survie de 50 % ». Ce retard de prise en charge a déjà entraîné des complications pour au moins un patient.
La préfecture du Bas-Rhin explore plusieurs options pour permettre aux hélicoptères d’atterrir plus près des urgences, comme sur un stade de football ou une aire d’autoroute. Cependant, ces solutions ne sont pas jugées acceptables par les soignants, qui insistent sur la nécessité d’atterrir directement à côté des urgences.
Pour résoudre ce problème, il est impératif de stopper les survols de drones au-dessus de la prison d’Elsau. Deux hommes âgés de 18 et 19 ans ont récemment été condamnés à des peines de prison pour avoir utilisé des drones au-dessus de la prison. Malgré cette condamnation, les solutions pour empêcher ces livraisons clandestines restent limitées.
Franck Rassel, du syndicat FO Justice, évoque l’utilisation de brouilleurs et de filets anti-drones, mais ces technologies sont souvent inadaptées ou coûteuses. Actuellement, d’après les syndicats, environ une dizaine de livraisons par jour sont effectuées à la prison d’Elsau, rendant la situation d’autant plus préoccupante pour la sécurité des patients.
Source : Franceinfo.


