Avila : Un roman graphique au cœur de l’histoire et des luttes contemporaines
Le roman graphique Avila, coécrit par Teresa Radice et Stefano Turconi, a été publié en avril dernier chez Glénat, dans la collection Treize Étrange. Ce projet, né de l’imagination de Turconi, explore les thèmes de la sorcellerie et de la répression des femmes au XVIIe siècle en France.
Radice souligne que l’idée de ce livre s’est développée à partir d’un voyage en France en 2022, où le couple a été inspiré par des paysages pittoresques, des châteaux et des villages historiques. Turconi, qui a commencé sa carrière de dessinateur de bande dessinée il y a environ vingt-cinq ans, avait déjà conceptualisé le personnage d’Avila, une jeune fille en dialogue avec le diable à travers son ombre.
Le récit met en lumière les violences exercées contre des femmes indépendantes, faisant d’Avila un symbole des luttes contemporaines. Radice affirme que cette histoire résonne avec les défis actuels rencontrés par ceux qui se sentent marginalisés ou étiquetés par la société.
Le personnage d’Astor, le démon de l’ombre d’Avila, incarne ses peurs et ses contradictions, représentant la complexité de l’identité humaine. Cette dualité est centrale dans le récit, illustrant que chacun porte en soi plusieurs facettes.
Les auteurs ont intégré des figures historiques telles que Molière et Richelieu, enrichissant le récit avec des références culturelles variées. Turconi, qui a également travaillé pour Disney, reconnaît que son style est influencé par ses expériences passées, mais il s’efforce de créer une œuvre qui reflète son instinct artistique.
En plus de l’aspect graphique, Avila intègre la musique à ses planches, permettant aux lecteurs d’écouter des œuvres tout en suivant l’histoire, une démarche qui vise à renforcer l’expérience immersive.
Le roman compte plus de 190 pages et s’inscrit dans la tradition du récit de cape et d’épée. Radice et Turconi ont soigneusement travaillé le découpage pour maintenir l’intérêt du lecteur sur une longue durée, alternant les trajectoires des personnages avant de les faire converger.
Les auteurs prévoient de poursuivre leur collaboration avec de nouveaux projets, dont un album qui se déroulera à Vienne au début du XXe siècle, prévu pour 2028.
Avila est donc non seulement une œuvre de fiction, mais également un miroir des luttes passées et présentes, mettant en avant les défis de l’identité et de la liberté.
Source : ActuaBD

