La startup allemande Stark lève 500 millions d’euros pour développer ses drones d’attaque
La startup allemande Stark, spécialisée dans les drones d’attaque, a récemment levé 500 millions d’euros, portant sa valorisation à 3,2 milliards d’euros. Parmi les investisseurs figurent Founders Fund, cofondé par Peter Thiel, ainsi que Sequoia Capital, le NATO Innovation Fund, Project A et Döpfner Capital.
Cette levée de fonds survient quelques mois après que Stark a signé un contrat majeur avec la Bundeswehr pour la fourniture de drones d’attaque destinés aux forces armées allemandes. Dans un contexte politique délicat, l’entreprise a précisé dans un courrier adressé au Bundestag que Peter Thiel détient moins de 10 % du capital et n’a pas de siège au conseil de surveillance.
L’importance de cette opération dépasse la simple controverse autour de Thiel, illustrant plutôt l’émergence d’une nouvelle génération d’industriels de la défense en Europe, financés selon les méthodes de la Silicon Valley.
L’invasion de l’Ukraine a redéfini les doctrines militaires, plaçant les drones au cœur des stratégies de combat. Stark se distingue avec ses drones de type loitering munition, capables d’identifier et de détruire des cibles. En février, elle a été sélectionnée pour fournir ce type d’équipement à la Bundeswehr dans le cadre d’un programme estimé à 300 millions d’euros.
Cette levée de fonds permettra à Stark d’accélérer ses capacités industrielles, de renforcer ses équipes d’ingénierie et de répondre à une demande croissante en Europe. La startup, qui possède déjà une implantation industrielle au Royaume-Uni, se positionne comme un fournisseur militaire crédible aux yeux des investisseurs internationaux.
Cette dynamique soulève des questions sur la dépendance de l’Europe vis-à-vis du capital américain. Bien que l’Europe dispose d’un écosystème de startups de défense en pleine expansion, elle manque d’investisseurs capables de soutenir des financements de plusieurs centaines de millions d’euros, ce qui pousse certaines entreprises à se tourner vers des fonds américains.
En conclusion, la levée de fonds de Stark ne fait pas seulement écho à un besoin de modernisation des forces armées, mais interroge également la capacité de l’Europe à financer ses propres acteurs stratégiques dans le domaine de la défense.
Source : FrenchWeb
