Stacy Kranitz explore la représentation des minorités dans la photographie contemporaine.

Stacy Kranitz, une image vaut mille maux — Blind Magazine

Stacy Kranitz : Une image vaut mille maux

Léman, Suisse – « Je ne crois pas aux histoires qui se terminent. Je ne le fais pas. » C’est par cette affirmation que Stacy Kranitz a ouvert son intervention lors de la remise du Prix du Livre Images Vevey. La photographe américaine, active depuis dix-sept ans dans les Appalaches, présente son ouvrage Ain’t No Grave Gonna Hold My Body Down, récemment publié par les Éditions Images Vevey et Terrible Baby. Le titre s’inspire d’un gospel de Brother Claude Ely, prédicateur pentecôtiste.

Le jury, présidé par Rineke Dijkstra, a reconnu l’importance de son travail, qui explore comment chaque image contribue à façonner la réputation d’une communauté.

Contexte

Au Musée Jenisch, une installation présente les photographies de Kranitz, capturées dans un vallon de Virginie-Occidentale, en dialogue avec des images historiques de la région, remontant à 1850. Ces clichés ont été réalisés par des missionnaires, des photographes de compagnies charbonnières et des reporters de la guerre contre la pauvreté. Kranitz souligne l’absence d’éducation à l’image en Amérique, affirmant que « personne ne comprend comment les images circulent ».

Son projet a débuté lors d’une soirée à West Columbia, où elle a été témoin d’une violence inattendue. Depuis, elle a passé des années à photographier cette communauté, cherchant à capturer une réalité souvent méconnue.

Données ou Statistiques

Le livre retrace l’histoire des familles qui ont fui en Europe pour échapper à un système de classes, vivant en dehors du capitalisme pendant un siècle. Cependant, avec l’essor de l’industrie du charbon, la dépossession a commencé. Kranitz évoque un incident marquant : la photo de Lyndon Johnson sur le porche d’un mineur au chômage, devenu emblématique de la guerre contre la pauvreté.

En fin de volume, un « lexique de la dépossession » présente des termes utilisés pour marginaliser ces populations, allant de waste people à trailer trash.

Conséquence directe

Kranitz, tout en restant impliquée dans la vie de ses sujets, questionne la représentation de la pauvreté dans les médias. Elle déplore que les reportages soient souvent éphémères, laissant les communautés sans voix. Son approche, plus lente et réfléchie, vise à raconter des histoires sur le long terme, permettant une compréhension plus profonde des réalités appalachiennes.

L’ouvrage Ain’t No Grave Gonna Hold My Body Down est disponible au prix de 70 $ et l’exposition au Musée Jenisch se poursuivra jusqu’au 27 septembre 2026.

Source : Blind Magazine

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