Spider-Man et la science des superpouvoirs : ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas
Dans le film Spider-Man: Brand New Day, un des éléments de l’intrigue repose sur des concepts scientifiques réels. Peter Parker, interprété par Tom Holland, cherche à atténuer certains de ses pouvoirs, tout en en conservant d’autres. Il consulte Bruce Banner, joué par Mark Ruffalo, qui a développé un dispositif pour contrôler sa transformation en Hulk. Ce dispositif est décrit comme un inhibiteur de superpouvoirs.
Les mécanismes évoqués dans le film, notamment l’utilisation des ARN interférents courts (siRNA), ne relèvent pas de la science-fiction. En effet, plusieurs traitements utilisant des siRNA ont été approuvés par la Food and Drug Administration (FDA) pour des maladies génétiques rares, et d’autres sont en cours d’essai clinique.
Les siRNA jouent un rôle clé dans la régulation de la production de protéines. Ils interfèrent avec les ARN messagers (mRNA), qui sont essentiels dans le processus de traduction des instructions génétiques en protéines. Lorsqu’un siRNA s’associe à un mRNA spécifique, il le marque pour destruction, empêchant ainsi la production de la protéine correspondante.
Cependant, la question de savoir si les pouvoirs de Spider-Man peuvent être contrôlés par un seul gène est complexe. Les caractéristiques comme la capacité à tisser des toiles, la super force et les sens accrus sont probablement le résultat de plusieurs gènes interagissant. Ainsi, Parker aurait besoin d’un cocktail de différents siRNA pour gérer l’ensemble de ses capacités.
De plus, la manipulation génétique, comme l’inhibition d’un gène, peut entraîner des conséquences imprévues sur d’autres gènes. Bruce Banner souligne dans le film que tenter de désactiver certaines fonctions tout en en maintenant d’autres pourrait être « énormément dangereux et complexe ».
Les siRNA, bien que prometteurs, posent également des défis en termes de biodégradabilité et de ciblage dans l’organisme. Actuellement, les thérapies basées sur les siRNA peuvent avoir une durée d’action de six mois ou plus. Pour que Spider-Man puisse contrôler ses pouvoirs, un inhibiteur devrait être conçu pour agir dans tout son corps tout en se dégradant rapidement.
En conclusion, bien que le film s’inspire de vérités scientifiques, la réalisation pratique de ces concepts reste complexe et soulève de nombreuses questions éthiques et biologiques.
Source : Science News



