SpaceX avait dix ans d'avance, la Chine vient de combler une bonne partie du retard en un seul vol

La Chine comble une partie de son retard spatial avec le lancement réussi de la Long March 10B

La Chine a réalisé un bond significatif dans le domaine spatial en lançant sa fusée Long March 10B, marquant une avancée notable dans la réutilisation de ses lanceurs. Ce lancement, effectué à 12h15 heure locale depuis le port spatial commercial de Wenchang, sur l’île de Hainan, est salué par le groupe public China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC) comme une « percée historique ». La Long March 10B, d’une hauteur d’environ 63,6 mètres, génère près de 900 tonnes de poussée grâce à ses sept moteurs à kérosène et oxygène liquide.

Le premier étage de la fusée a réintégré l’atmosphère 11 minutes après le lancement, rallumant ses moteurs pour ralentir sa descente. Un navire, le Linghang Zhe, l’attendait à environ 300 kilomètres du pas de tir, équipé d’un filet pour récupérer l’étage. Le second étage a poursuivi sa mission en plaçant en orbite une charge utile nommée CX-26, dont la nature reste inconnue. Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a qualifié cet événement de « jour historique » et de « bond majeur vers des capacités de lancement réutilisables ».

Cette réussite positionne la CASC et sa filiale, la China Academy of Launch Vehicle Technology, comme le troisième acteur mondial dans le domaine des lanceurs réutilisables. Seules SpaceX et Blue Origin avaient précédemment réussi à ramener un étage orbital sous contrôle. En 2015, SpaceX a ouvert la voie avec sa Falcon 9, et le propulseur de son Starship est prévu pour 2024. La Chine se distingue en réussissant cette récupération dès le vol d’essai.

La méthode chinoise diffère de celles des entreprises américaines, qui font revenir leurs étages à la verticale sur une barge ou une aire au sol. La Long March 10B combine ces approches en récupérant son étage au-dessus de la mer, évitant ainsi le poids des pattes d’atterrissage et réduisant les ergols utilisés pendant la descente, permettant ainsi d’augmenter la charge utile transportée.

Ce lanceur est capable de placer environ 16 tonnes en orbite basse, légèrement moins que la Falcon 9. Il partage son premier étage avec le Long March 10A, qui est encore en attente de son premier vol complet et destiné principalement aux missions habitées vers la station Tiangong.

La Long March 10 est également au cœur du programme lunaire chinois, visant un alunissage habité d’ici 2030. Le vol récent marque un pas vers cet objectif, et la CASC prévoit de faire revoler cet étage avant la fin de l’année.

Cette avancée chinoise pourrait inquiéter les États-Unis, qui, avec SpaceX, lancent environ deux fois plus souvent. La cadence de la Falcon 9 a permis à SpaceX de déployer plus de 12 000 satellites Starlink, tandis que des programmes militaires dérivant de ces technologies soulèvent des préoccupations stratégiques.

D’autres acteurs chinois, tels que LandSpace, Space Pioneer, et Galactic Energy, continuent de développer leurs propres fusées réutilisables, tandis que la Chine envisage également un lanceur comparable à Starship, le Long March 9. Charles Galbreath, colonel à la retraite de la Force spatiale américaine, a noté que la Chine admire le travail de SpaceX et cherche à le reproduire, suggérant que l’écart pourrait se resserrer dans les années à venir.

(Source : Les Numériques)

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