Souveraineté numérique : l’Europe veut et peut reprendre la main
La souveraineté numérique est devenue un enjeu majeur pour les entreprises et les administrations en Europe. Ce concept, longtemps cantonné à des discours institutionnels, s’est matérialisé face aux tensions géopolitiques, à l’extraterritorialité de certaines législations, ainsi qu’à la concentration du marché autour de quelques fournisseurs américains. Ces facteurs ont modifié la perception du risque technologique et soulèvent des questions pratiques : où sont hébergées les données ? Qui peut y accéder ? Une organisation peut-elle changer de fournisseur sans reconstruire son système d’information ?
Les entretiens récents avec des experts du secteur technologique montrent que l’autonomie numérique ne se limite pas à un simple réflexe d’achat patriotique. Elle repose sur des principes de maîtrise des dépendances, de réversibilité, d’interopérabilité et de transparence contractuelle. L’objectif est de garantir la continuité des activités tout en identifiant les points de vulnérabilité.
Les intervenants, tels qu’Igor Carron de LightOn et Raphaël Auphan de Proton, abordent cette quête d’autonomie sous divers angles. Carron évoque l’importance d’une politique européenne pour soutenir des acteurs comme LightOn, tandis qu’Auphan souligne les risques liés à la dépendance aux suites américaines.
En dépit des défis, l’Europe dispose de technologies et d’entrepreneurs capables de proposer des alternatives. Le défi principal reste de transformer ces options en choix industriels et politiques durables.
Les témoignages d’experts mettent en lumière une souveraineté pragmatique, conçue comme une condition de résilience et de sécurité. Par exemple, Alain Garnier de Jamespot plaide pour une alternative européenne aux grandes suites collaboratives américaines, tandis qu’Alain Issarni de Libralis propose de rendre la souveraineté opposable dans les contrats.
L’Europe est donc à un tournant décisif dans sa quête de souveraineté numérique, cherchant à établir des solutions viables et durables pour garantir son autonomie technologique.
Source : InformatiqueNews


