Intelligence artificielle : l’urgence de la souveraineté européenne
L’idée d’une souveraineté numérique européenne, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), prend du temps à se concrétiser. Cette question est cruciale pour l’indépendance économique, la compétitivité industrielle et la sécurité. Le plan législatif présenté début juin par la Commission européenne visait à accélérer les investissements dans les semi-conducteurs et à réserver aux fournisseurs européens les contrats sensibles liés à l’IA et au cloud. Ce plan a mis en lumière la dépendance des Vingt-Sept, qui se révèle à plus de 80 % pour les produits, services et infrastructures numériques.
Cette quête d’indépendance, ainsi que la diversification des fournisseurs, pourrait être renforcée par l’affaire Anthropic. La start-up américaine a suspendu l’accès à deux de ses modèles d’IA les plus puissants, suite à une demande du gouvernement américain d’en exclure les ressortissants étrangers. Cette situation souligne les enjeux de sécurité nationale, car ces technologies, bien qu’innovantes pour détecter les failles de cybersécurité, pourraient également être utilisées à des fins malveillantes.
Le gouvernement français a récemment annoncé des financements supplémentaires pour le développement de modèles européens d’IA, en réponse à ces enjeux. Par ailleurs, une rupture avec le géant américain Palantir, utilisé dans le renseignement français, a été opérée, ce qui soulève des questions sur la préférence européenne et le protectionnisme. Dans un contexte où les géants américains et chinois dominent le marché, la France doit s’inscrire dans une politique numérique européenne forte, tout en restant ouverte à la régulation.
Source : La Croix
