La volonté de souveraineté des États estompe les avantages compétitifs des multinationales
La tendance croissante des États à regagner leur souveraineté se manifeste par un désir de développer des industries locales de pointe, selon Jacques-André Nadal, Directeur général délégué de Covéa Finance. Ce développement repose sur trois axes principaux : l’indépendance, la sécurité et la compétitivité. Cette volonté de protection des États impacte négativement le commerce mondial, entraînant une polarisation de la croissance sur certains segments de l’économie.
Les États s’endettent pour soutenir ces initiatives industrielles, ce qui, bien que bénéfique pour la croissance, peut nuire à l’équilibre économique global. Parallèlement, les entreprises doivent investir pour s’adapter à ce nouvel environnement, contribuant également à la croissance.
Ces nouvelles dynamiques diminuent les avantages compétitifs des multinationales face aux petites entreprises. Selon Nadal, la recherche d’une meilleure maîtrise des chaînes de valeur et la relocalisation devraient avantager les entreprises domestiques.
En outre, une relation étroite se dessine entre souveraineté et transition énergétique. Les États cherchent à diversifier leurs sources d’énergie en se tournant vers des options moins émissives, dont ils maîtrisent mieux les chaînes de valeur. Nadal précise que cette approche guide l’analyse et la sélection des valeurs européennes dans leur fonds dédié à la transition énergétique, Covéa Solis. La souveraineté est ainsi intégrée au cœur des décisions d’investissement, favorisant des entreprises dont les stratégies s’alignent sur les politiques étatiques.
Source : Interview de Jacques-André Nadal, Covéa Finance.