« Sous-financement chronique » : étudiants et chercheurs dans la rue pour réclamer plus de moyens
Étudiants et enseignants-chercheurs ont manifesté ce mardi à travers toute la France pour réclamer davantage de ressources dans l’enseignement supérieur et la recherche, défendre les aides au logement des étudiants et s’opposer à la hausse des frais d’inscription à l’université. À Paris, environ 600 personnes, selon les estimations syndicales, ont défilé dans le quartier Latin, du campus de Jussieu jusqu’à l’entrée du ministère de l’Enseignement supérieur. Les manifestants arboraient des banderoles proclamant : « Non aux frais d’inscription racistes » et « Vous jetez les étudiants à la rue, nous y résisterons ».
Les manifestants répondaient à l’appel d’une intersyndicale regroupant le Snesup-FSU, l’Unsa Sup’Recherche, la CGT, Solidaires, la CFDT, l’Union étudiante et l’Unef, pour dénoncer le « sous-financement chronique » et exiger « des financements à la hauteur des besoins » de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nathan, 18 ans, étudiant en première année de cinéma à l’université Paris 8 et militant à la FSE, a déclaré être venu par « solidarité » avec les étudiants étrangers touchés par la hausse des droits d’inscription, qu’il considère « discriminatoire ».
Des rassemblements similaires ont eu lieu à Lille, Rennes, Montpellier, Nice, Avignon et Marseille. À Marseille, une centaine d’étudiants et de personnels se sont réunis devant l’université Aix-Marseille. Magali, chercheuse à l’Inserm, a exprimé ses craintes concernant l’émergence d’un enseignement à deux vitesses, affirmant que « pour le moment, les étrangers paient, ensuite ce seront les Français. Et alors seulement les enfants qui ont les moyens de faire des études pourront le faire ». Des rapports récents évoquent une forte augmentation des frais d’inscription universitaires, une proposition fermement rejetée par les organisations syndicales.
À Lyon, près d’une cinquantaine d’étudiants, soutenus par quelques membres du corps enseignant, se sont rassemblés dans la cour de l’université de Lyon 2. Lou Pothier, 21 ans, étudiante en droit, a affirmé : « Le projet de Macron c’est de privatiser l’université, mais l’enseignement est un droit ». Selon les syndicats, la mobilisation a augmenté par rapport au printemps. Clara Privé, trésorière de l’Unef, a souligné que cela montre que les étudiants « en ont marre qu’on les précarise et de subir le rouleau compresseur de la sélection ».
Source : DNA.
