Soudan : sécheresse et conflit aggravent les pénuries alimentaires pour 2023.

Soudan : sécheresse, conflit et pénuries d’intrants menacent les récoltes de cette année

Sécheresse et conflit au Soudan : une menace pour les récoltes

À peine les semis achevés, les signaux d’alerte se multiplient au Soudan. Depuis la mi-août, les cultures attendent des pluies essentielles à leur développement, mais celles-ci font défaut dans de nombreuses zones agricoles. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les cultures semées cette année subissent un double choc : le déficit de précipitations et les répercussions du conflit qui ravage le pays.

La situation est particulièrement préoccupante dans le sud-est. À Sennar et Gedaref, deux États représentant environ un quart de la production nationale moyenne de sorgho, les pluies enregistrées entre juin et la mi-août étaient respectivement inférieures de 20 % et 30 % aux normales de long terme. En conséquence, la végétation s’est fortement dégradée. À la mi-août, l’indice de stress agricole de la FAO signalait une sécheresse sévère sur jusqu’à 40 % des terres cultivées à Sennar et 70 % à Gedaref.

Pénuries d’intrants

Les prévisions pour la fin de la saison agricole indiquent une forte probabilité de précipitations inférieures à la moyenne, ce qui pèse sur les rendements attendus à partir de novembre. À cette menace climatique s’ajoute la guerre, qui complique l’accès des agriculteurs à leurs champs, notamment dans le Grand Darfour, le Grand Kordofan et l’État du Nil-Bleu. Le manque de carburant, le coût des intrants et l’accès réduit au crédit exacerbent les difficultés des agriculteurs.

D’après l’évaluation des récoltes et de l’approvisionnement alimentaire (CFSAM), la production céréalière nationale — sorgho, mil et blé — a été estimée à 5,2 millions de tonnes, en baisse de 22 % par rapport à l’année précédente et de 19 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Prix des céréales exceptionnellement élevés

La FAO souligne que la faiblesse de la production reflète principalement l’impact négatif du conflit sur les activités agricoles. Entre janvier et juin, les prix du sorgho et du mil produits localement ont augmenté respectivement de 65 % et 40 % sur la plupart des marchés suivis. En juin, ces prix dépassaient déjà de 65 % et 35 % leurs niveaux de l’année précédente. Cette inflation est exacerbée par les perturbations commerciales et le renchérissement des intrants, le prix national moyen du gazole ayant doublé entre mars et juin 2026.

Insécurité alimentaire au Darfour et Kordofan

Cette pression sur les prix affecte gravement l’accès des populations aux denrées alimentaires. Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), environ 19,5 millions de personnes, soit plus de 40 % de la population, ont fait face à une insécurité alimentaire aiguë entre février et mai dernier. Parmi elles, environ 5 millions étaient en phase 4 et 135 000 en phase 5 (catastrophe).

Le conflit demeure le principal moteur de cette crise, ayant déjà provoqué environ 11,3 millions de personnes déplacées de force depuis avril 2023, dont 6,4 millions déplacés internes et 4,6 millions de réfugiés dans les pays voisins.

Source : FAO.

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