Soudan : le recrutement de combattants étrangers alimente la guerre, dénonce un rapport de l’ONU
Le recrutement de combattants à l’étranger et les soutiens extérieurs exacerbent le conflit au Soudan, aggravant les violences contre les civils, selon un rapport de l’ONU.
Depuis le 15 avril 2023, le pays est en proie à un conflit opposant l’armée régulière du général Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide (FSR) de son ancien allié, le général Mohamed Hamdane Dogolo, dit Hemedti. Dans un rapport publié le 2 septembre 2026, des experts mandatés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies révèlent un réseau opérant hors du Soudan, facilitant l’envoi de renforts en hommes et en matériel. Ce soutien comprend des armes, des mercenaires, ainsi que des formations.
Le rapport indique que des mercenaires colombiens, pouvant atteindre jusqu’à 2 000, ont été impliqués dans la prise de la ville d’El-Fasher au Darfour Nord. De plus, des combattants soudanais, tchadiens, sud-soudanais et éthiopiens ont été formés dans des camps d’entraînement au sud de la Libye. Des recruteurs opérant depuis les Émirats arabes unis ont également utilisé des points de transit en Tchad, en Libye et en Somalie pour acheminer des hommes et des armes aux FSR.
L’armée régulière a également bénéficié d’un soutien extérieur pour acquérir des drones, selon le rapport. Ces soutiens ont permis aux deux parties de prolonger le conflit, d’étendre leurs opérations bien au-delà de la ligne de front et de commettre de graves violations, y compris des crimes de guerre.
Le rapport appelle à mettre fin à tout soutien militaire aux parties en conflit, à renforcer l’embargo sur les armes déjà en vigueur au Darfour, et à enquêter sur les individus et entités impliqués dans ces soutiens militaires.
La guerre au Soudan a causé plus de 200 000 morts et déplacé plus de 12 millions de personnes, faisant de cette situation l’une des plus graves crises humanitaires au monde, selon les travailleurs humanitaires.
Source : ONU.

