Soudan : l’armée traque les paramilitaires FSR trafiquants d’or à la frontière égyptienne
Une double opération sécuritaire est en cours depuis plusieurs jours, menée par le Soudan et l’Égypte, de part et d’autre de la frontière entre les deux pays. Cette initiative fait suite à une décision récente du Conseil de sécurité et de défense à Khartoum, visant à prendre des mes fermes contre le trafic d’or, qui génère des milliards de dollars et est largement contrôlé par des groupes paramilitaires.
Selon des experts, plus de la moitié de l’or produit au Soudan, l’un des principaux producteurs d’or en Afrique, est vendu illégalement pour financer des conflits. L’armée soudanaise a ainsi annoncé son intention de lutter contre les Dahhaba, les orpailleurs, afin d’éliminer les réseaux illégaux d’extraction d’or et de sécuriser les zones montagneuses à la frontière avec l’Égypte, qui sont devenues des foyers de contrebande pour les Forces de soutien rapide (FSR) qui y exercent un contrôle.
Le chef des paramilitaires, Mohamed Hamdane Dogolo, surnommé Hemedti, a récemment été qualifié par le quotidien britannique The Guardian de « l’un des hommes les plus riches du Soudan ». Sa famille a acquis dès 2017 la mine d’or de Jabal Amer, la plus importante du pays. Au début du conflit, les FSR ont également pillé l’or de la banque centrale de Khartoum, emportant 1 273 kilogrammes.
Cependant, les FSR ne sont pas les seuls impliqués dans le pillage de l’or soudanais. L’armée soudanaise est également accusée de participer à ce trafic. Des sources indiquent que Hassan al-Burhan, frère du général al-Burhan à la tête de l’armée, joue un rôle clé dans ces activités.
En 2025, la production légale d’or au Soudan a atteint environ 70 tonnes, un niveau record en cinq ans, mais cela reste largement inférieur aux volumes vendus illégalement. L’or est devenu une source de revenus majeure pour financer la guerre, comme l’a souligné l’Union européenne en juillet dernier, en imposant de nouvelles restrictions sur les exportations d’or en provenance du Soudan, touchant ainsi les deux camps en lutte.
La secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Yvette Cooper, a également imposé des sanctions contre l’exportation de l’or soudanais, affirmant que le peuple soudanais « continue de payer le prix d’une guerre » alimentée par des flux illicites d’or. En 2024, Washington a sanctionné la société al-Jonaid, gérée par la famille Dogolo, et des images satellites ont révélé l’existence de pistes d’atterrissage et de tunnels au Darfour du Nord, où le trafic d’or des paramilitaires a été évalué à plus de 850 millions de dollars.
Source : RFI


