SOS Méditerranée : 10 ans de sauvetage, mais des entraves persistantes
Depuis une décennie, l’organisation SOS Méditerranée se consacre au sauvetage des migrants en mer, ayant secouru environ 43 000 personnes au cours de 453 missions. Cela représente en moyenne 12 vies sauvées par jour. Toutefois, l’ONG dénonce des entraves à ses actions, notamment en raison de la rétention d’informations par les autorités maritimes.
En dix ans, SOS Méditerranée a constaté une chute dramatique du nombre d’alertes de détresse transmises par les autorités maritimes, passant de 70 % à seulement 4 %. Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de l’ONG, a souligné que « la coordination du sauvetage a été transférée volontairement de l’Italie, qui accomplissait très bien cette mission jusqu’en 2018, à la Libye, un État en proie au chaos, qui ne respecte pas le droit maritime ».
Face à cette situation, l’organisation a lancé en fin d’année 2025 une opération aérienne, en collaboration avec une ONG suisse, pour améliorer la détection des embarcations en détresse. En 2025, 58 % des financements de l’association provenaient de dons de citoyens, tandis que 7 % provenaient de subventions publiques.
Soizic Dupuy, directrice des opérations, a également fait état d’une augmentation des interactions avec les navires marchands, suite à la diminution des navires civils de sauvetage. Sophie Beau a dénoncé un « désinvestissement progressif des États » dans le secours en mer, qualifiant cette situation de « défaillance totale dans l’organisation des secours » et de « politique délibérée de non-assistance ».
La Méditerranée centrale est reconnue comme la route migratoire la plus dangereuse au monde, avec 1 342 personnes disparues en mer depuis le début de l’année, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Rédigé avec AFP et Valérie Smadja FTV.