Sophie la Girafe est-elle française. ou chinoise ? Le fabriquant perquisitionné

Sophie la Girafe est-elle française. ou chinoise ?

Une enquête pour « tromperie » a conduit à la perquisition d’une usine du fabricant de Sophie la Girafe, Vulli, ce jeudi 28 mai, à Rumilly, en Haute-Savoie. Cette action fait suite à des accusations selon lesquelles le célèbre jouet, emblématique de la puériculture française, serait produit en Chine tout en étant estampillé « made in France », a annoncé le parquet d’Annecy.

Créée en France en 1961, Sophie la Girafe a gagné une popularité mondiale. Fabriqué en latex d’hévéa naturel, ce jouet est conçu pour aider les bébés à développer leur préhension fine et à apaiser les douleurs liées aux poussées dentaires. Cependant, une enquête menée par Médiapart début mai a révélé que Vulli pourrait avoir massivement sous-traité la production en Chine, tout en continuant de promouvoir le produit comme étant français.

Le patron de Vulli, Alain Thirion, a reconnu que son entreprise était sous enquête et a admis que le jouet était fabriqué en Chine. Il a qualifié cette situation de « temporaire », précisant que des difficultés dans les cadences de production de la nouvelle usine à Saint-Nabord, dans les Vosges, avaient nécessité cette décision. Thirion a assuré que les girafes produites en Chine étaient « toutes terminées et contrôlées une par une en France ».

La question de l’appellation « made in France » est désormais au cœur des discussions. Thirion a expliqué que, bien que le jouet soit fabriqué en Chine « pour partie » depuis environ 30 ans, les retards accumulés ces dernières années avaient conduit à une dépendance accrue vis-à-vis de sous-traitants chinois. Selon Médiapart, la production aurait été sous-traitée en Asie depuis au moins 2013, bien avant l’ouverture de l’usine de Saint-Nabord.

L’administration française, par l’intermédiaire de la DGCCRF, a ouvert une enquête sur la conformité de l’appellation « made in France ». Une allégation de fausse origine française pourrait constituer une pratique commerciale trompeuse, passible d’une sanction pénale pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires.

Source : HuffPost, Médiapart

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