Les libertés syndicales ne se négocient pas
À l’issue de l’arrivée du Tour de France à Foix, un autre événement significatif s’est déroulé place Saint-Vincent. Le maire Jérôme Matéos a remis symboliquement les clés du futur local de la CGT à Sophie Binet et Sophie Vieira, marquant ainsi la fin de plus de dix ans de conflit entre la Ville et le syndicat.
L’effervescence du Tour de France s’est à peine estompée à Foix lorsque, peu après 18 heures, un moment marquant de la journée s’est tenu à quelques centaines de mètres de la ligne d’arrivée. Sur la place Saint-Vincent, où la CGT avait installé son stand durant cette 4e étape entre Carcassonne et Foix, le nouveau maire a remis les clés du futur local de l’union locale à Sophie Binet, secrétaire nationale de la CGT, et à Sophie Vieira, secrétaire départementale. Ce geste met un terme à plusieurs années de tensions entre le syndicat et l’ancienne municipalité.
La veille, les responsables syndicaux avaient visité le bâtiment, situé le long de la rivière Ariège. Devant plusieurs dizaines de militants réunis au pied du stand CGT, Jérôme Matéos a officialisé son engagement. Ce moment contraste avec les tensions des années précédentes et symbolise la volonté de la nouvelle municipalité d’établir une relation constructive avec l’organisation syndicale. Sophie Binet a déclaré : « Enfin, la CGT va pouvoir ouvrir une Bourse du travail à Foix. Enfin, les travailleurs et les travailleuses pourront être défendus face à leur employeur, faire respecter leurs droits, se syndiquer, s’organiser, retrouver leur dignité et relever la tête. »
Avant les applaudissements, la secrétaire nationale a tenu à sécuriser les engagements pris. Elle a interpellé le maire sur plusieurs points : une convention d’occupation pérenne de 99 ans, la gratuité des locaux au regard des missions d’intérêt général du syndicat, et la prise en charge des travaux nécessaires par la commune. Jérôme Matéos a répondu favorablement à chacune de ces questions, répétant fièrement : « Je m’y engage. »
Sophie Binet a ensuite souligné l’importance de cet acte : « C’est essentiel pour notre démocratie de voir des maires républicains qui savent que les libertés syndicales ne se négocient pas. Ce sont des libertés constitutionnelles. »
Cette remise de clés contraste avec une autre réalité observée quelques heures plus tôt à Carcassonne, où Sophie Binet avait participé à un rassemblement de 700 personnes dénonçant la décision du maire de retirer leurs locaux aux organisations syndicales. À Foix, après plus de dix ans sans véritable point d’accueil, l’union locale entrevoit enfin la possibilité de retrouver un ancrage durable. Sophie Vieira a rappelé que « pendant ces dix années, les militantes et les militants n’ont jamais baissé les bras. »
La secrétaire départementale a également souligné que cette remise des clés allait au-delà d’une simple question immobilière. « Ce qui est attaqué lorsqu’on prive un syndicat de locaux, ce n’est pas seulement un bâtiment. C’est le droit des travailleurs de disposer d’un lieu pour s’organiser, se défendre et se former. »
Une fois les discours terminés, les militants, accompagnés de Sophie Binet et de Sophie Vieira, ont visité leur futur local, tandis que Jérôme Matéos a quitté la place Saint-Vincent pour rejoindre la réception officielle au château de Foix. Cette journée, entre la ferveur populaire du Tour de France et cette remise de clés hautement symbolique, marque un nouveau départ dans les relations entre la Ville et la CGT.
Source : La Dépêche
