Sommet de l’espace : Emmanuel Macron appelle l’Europe à développer ses propres « vols habités »
Emmanuel Macron a appelé le 10 septembre l’Europe à devenir un des « tout premiers acteurs mondiaux » dans le domaine spatial, en visant des vols habités d’ici « dix ans » et en développant ses propres capacités de communication par satellites. Lors d’un sommet international sur l’espace, il a affirmé que « l’Europe doit être parmi les tout premiers acteurs mondiaux (de l’espace) et notamment sur la communication et l’IA », alors que la compétition s’intensifie avec les États-Unis et la Chine.
Le président français a insisté sur la nécessité pour l’Europe de « voler avec ses propres équipages », soulignant l’ambition de l’Europe dans les vols habités. Il a évoqué la prochaine mission spatiale prévue en 2027, qui transportera trois astronautes européens, dont le Français Thomas Pesquet, vers la Station spatiale internationale, en partenariat avec la société américaine Vast et la NASA.
Macron a détaillé ses objectifs : « Je veux voir dans deux ans la première capsule cargo européenne, Nyx, s’amarrer à la Station spatiale internationale ; dans cinq ans le premier atterrisseur lunaire européen, Argonaut, se poser à la surface de la Lune ; et dans dix ans, la première capsule européenne habitée décoller de Kourou avec à son bord des astronautes européens et d’autres nations. »
Il a également appelé les opérateurs de télécommunications et les industriels à créer sans délai une alliance européenne du « Direct to Device », capable de fournir d’ici 2030 une connexion directe entre satellites et téléphones, sans passer par une antenne terrestre. Macron a souligné que les Européens doivent disposer d’une « qualité de connexion comparable à la 5G partout », sans zones blanches, dans un cadre qu’il a qualifié de « question de souveraineté et d’opportunité économique ».
Concernant la coopération, il a déclaré qu’« il faut être puissant, et cela passe par l’Europe », tout en reconnaissant que « notre Europe spatiale reste fragile et nous devons accélérer ». Le président a insisté sur la nécessité d’assumer pleinement la « préférence européenne », considérant cela comme un moyen de renforcer l’écosystème industriel en dirigeant le marché institutionnel européen vers les acteurs locaux.
Emmanuel Macron a également appelé à une « gouvernance partagée » de l’espace, insistant sur l’importance d’une régulation adaptée aux enjeux contemporains. Il a souligné que l’espace, malgré le traité de 1967, reste le seul grand commun mondial sans régulation adéquate. Il a proposé la tenue d’une conférence pour établir une feuille de route claire sur la coordination du trafic spatial, une demande qui sera soumise lors du sommet.
Source : La Croix

