Sommet de la Cédéao : enjeux et défis en coulisses
Les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont conclu, le 19 juillet à Lungi en Sierra Leone, leur 69e sommet. Cette réunion s’est concentrée sur l’avenir de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest, avec une volonté affichée de renforcer l’unité de l’organisation.
Cependant, les discussions en coulisses ont été plus complexes, notamment concernant les implications du retrait des trois États du Sahel : le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Ce sommet a également vu la participation pour la première fois de Mamadi Doumbouya, président de la Guinée, et de Romuald Wadagni, président du Bénin. À l’issue des travaux, les postes de président de la Conférence des Chefs d’État et de président de la Commission de la Cédéao ont été attribués au Sénégal.
Un huis clos entre les chefs d’État a entraîné un retard de plus de deux heures lors de cette rencontre. Selon des sources, les dirigeants ont eu des difficultés à s’accorder sur plusieurs dossiers sensibles, notamment la suite à donner au retrait des trois États sahéliens, qui ont formé la Confédération des États du Sahel. Bien que ce sujet ait été peu discuté publiquement, il a dominé les échanges en privé.
Omar Alieu Touray, président sortant de la Commission de la Cédéao, a souligné l’importance de préserver l’esprit d’intégration régionale et de maintenir le dialogue entre les États membres malgré les défis. Il a déclaré : « L’Histoire nous enseigne que les périodes d’incertitudes sont aussi des moments d’opportunités. Elles nous invitent à renouveler notre engagement collectif envers les idéaux de solidarité, de coopération et d’intégration. »
Omar Alieu Touray a également affirmé que les décisions prises lors de ce sommet influenceront l’avenir de l’intégration régionale et les perspectives des plus de 450 millions de citoyens ouest-africains qui considèrent la Cédéao comme un instrument essentiel de paix et de prospérité.
Le général Birame Diop a été nommé à la tête de la Commission de la Cédéao, succédant à Omar Alieu Touray. Ancien ministre de la Défense du Sénégal et conseiller du Secrétaire général des Nations unies, il a promis de redorer l’image de l’institution, ternie par des crises récentes. Bassirou Faye, également du Sénégal, a été élu président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement.
Malgré ces changements de leadership, des diplomates ont confirmé que des divergences subsistent concernant la stratégie à adopter face aux crises actuelles. Aucun consensus complet n’a émergé à la fin des travaux, illustrant ainsi les défis auxquels la Cédéao doit faire face pour redéfinir son rôle dans une région en proie à des crises sécuritaires et à des recompositions géopolitiques.
Source : DW.com