Grandes vacances signifient job d’été pour beaucoup de jeunes. Mais malgré des dizaines de CV envoyés, nombre d’entre eux restent au point mort. Certains se tournent alors vers un secteur en apparence plus ouvert : l’animation auprès des enfants.
« Pour avoir du taff à Lyon, il faut attendre 5 ans ?”, “Il faut 40 ans d’expérience ou être pistonné pour trouver un job d’été plein-temps ou quoi ?”. Sur les réseaux sociaux, les étudiants partagent tous la même détresse : toujours pas d’emploi à quelques jours des grandes vacances.
En France, plus de 360 000 jeunes travaillent durant la saison estivale. Certains sont pourtant en recherche d’emploi depuis plusieurs mois et commencent à désespérer.
Keren, 19 ans, explique que trouver un travail cet été est essentiel pour financer son permis. « J’ai envoyé au moins 60 candidatures dans tous les secteurs : la vente, la restauration, le ménage, les EHPAD. Mais à chaque fois, je reçois une réponse automatique qui dit que ma candidature ne correspond pas à leurs critères« , raconte-t-elle.
Face à ces refus massifs, de nombreux jeunes se tournent vers un autre domaine, plus accessible : l’animation socioculturelle et de loisirs. Un secteur qui embauche environ 386 000 personnes à l’année en France, dont une partie est engagée en emploi saisonnier pendant les vacances scolaires.
Johan, 21 ans, travaille en centre aéré depuis plus de 3 ans et a été séduit par les conditions de travail. « Pour moi, c’était accessible. Il fallait que je trouve un métier et en regardant autour de moi, c’était le seul qui me donnait envie. Je sais que si je travaille en fast-food, j’aurais du mal à tenir tout l’été« , explique le jeune homme.
Même situation pour Selma, qui a passé son BAFA il y a deux ans. “Ça me permet de travailler dans un domaine dans lequel je ne me sens pas trop fatiguée, qui n’est pas trop physique. En plus, c’est un métier créatif, et j’aime le contact avec les enfants”, justifie-t-elle.
La porte d’entrée principale aux métiers de l’animation est le BAFA. Pour le rendre plus accessible, plusieurs réformes se sont succédées depuis 2022, augmentant le coup de pouce financier accordé par la CAF, passé de 91,47 € à 200 € sans condition de ressources.
Cette aide est précieuse pour de nombreux jeunes, pour qui le prix du BAFA (environ 800 €) peut être un frein. « Mes parents ne voulaient pas me financer le BAFA parce que c’est trop cher. Mais grâce à cette aide et aux 100 € supplémentaires accordés par ma ville, ils ont fini par accepter« , témoigne Emna, qui rentre en Terminale à la rentrée.
Depuis 2022, l’âge minimal pour l’obtention du BAFA a été abaissé à 16 ans, ce qui pousse les jeunes vers l’animation, alors que la majorité des autres secteurs rejettent les mineurs en raison de législations strictes.
Les mes se sont avérées efficaces : le nombre de BAFA délivrés en 2022 a augmenté de 37 % par rapport à l’année précédente. Cependant, les centres de loisirs croulent sous les demandes de stage de 14 jours, obligatoires pour l’obtention du BAFA. “Cet été, on a refusé 50 candidatures, toutes étaient celles de mineurs qui cherchaient un stage pratique”, témoigne Samia, directrice d’un centre de loisirs dans le Rhône.
Paradoxalement, hors des grandes zones urbaines, certaines structures manquent d’animateurs : environ 30 000 postes en France n’étaient pas pourvus en 2023.
Article rédigé avec la collaboration de Roman Gavin.
