Solutions pour étudiants sans affectation sur Parcoursup : des aides mises en place.

Trouver des solutions aux jeunes qui n’en ont pas

Alors que des milliers d’étudiants sont sans solution à quelques jours de la rentrée, la commission d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) étudie leurs dossiers. Cette instance est la dernière chance pour les oubliés de Parcoursup de trouver une formation adaptée à leur projet.

Le silence est encore assourdissant à l’entrée du lycée Nelson Mandela de Poitiers. À quelques jours de la rentrée scolaire, où des milliers de lycéens fouleront les couloirs en recherchant éperdument leur classe, seule une poignée de personnes est présente. Femmes de ménage, personnel de l’accueil, proviseur. Tout le monde est aux aguets. Dans une des salles de l’établissement, une quinzaine de personnes forment une table ronde. Toutes ont un rôle crucial à jouer pour de jeunes de l’académie de Poitiers en attente d’une formation dans l’enseignement supérieur. Ils font partie de la commission d’accès à l’enseignement supérieur (CAES).

« Dossier suivant ! » clame Yannick Thévenet, adjoint au délégué académique à l’insertion et à l’orientation. C’est au tour de Timéo C., dossier n° 590666 : il possède un Bac Pro Technicien menuisier agenceur et a formulé sur Parcoursup le souhait d’effectuer un BTS Production ERA, étude et réalisation d’agencement. Son dossier est complexe et fait débat. Autour de cette table, des responsables de l’académie de Poitiers, des Centres de Formation des Apprentis, des universités, des missions locales, mais également des spécialistes de l’orientation.

Pour Aurélie Deat, psychologue de l’éducation nationale et chargée de mission sur Parcoursup, « le rôle de la CAES consiste à trouver des solutions aux jeunes qui n’en ont pas eu dans Parcoursup. Ce sont eux qui nous sollicitent : on essaie de trouver des pistes, soit d’élargir la mobilité géographique ou de travailler sur un autre projet. » Tous les cas sont étudiés, qu’un jeune soit en Bac professionnel, technologique, général ou en réorientation.

Le dossier de Timéo est complexe : la décision prise par la CAES est que le jeune homme soit dirigé vers Avenir Pro+. Pour les jeunes sans solution à l’issue de leur lycée professionnel, ce dispositif, d’une durée maximale de quatre mois, permet d’obtenir une aide personnalisée d’adaptation à l’emploi ou à la recherche d’emploi, un suivi dédié assuré par un professeur référent, voire des aides financières.

Sur 188 dossiers étudiés depuis le début de la phase complémentaire, permettant aux candidats de formuler jusqu’à 10 nouveaux vœux pour des formations qui ont des places disponibles, 30 dossiers sont encore à gérer par la CAES. Cécile Souriau, responsable de l’unité Orientation Affectation à la DRAAF Nouvelle-Aquitaine, souligne que « certains BTS agricoles sont peu connus par les candidats : lorsqu’ils sont sans solution, on essaye de leur proposer des formations auxquelles ils n’ont pas pensé, mais qui peuvent leur convenir pour leur projet à long terme. »

Vient ensuite le dossier de Maëlis B., titulaire d’un Bac Pro commerce. Dans Parcoursup, cette jeune bachelière précise qu’elle souhaite faire un BTS communication ou des études en lien avec l’évènementiel. Sur son dossier, 15 vœux formulés ont été refusés ou abandonnés. À l’issue de cette commission, la plupart d’entre eux, comme Maëlis, seront contactés pour mieux comprendre leur projet.

Julie Châtonnet, responsable du Pôle Appui au Développement au CFA Académique de l’académie de Poitiers, indique : « Mon équipe va prendre contact avec le jeune, qui va étudier son dossier et ses possibilités. Par exemple, un jeune qui voulait faire de la mécanique, n’avait rien trouvé dans son département. On a servi de relais pour l’aider à trouver un établissement dans les Deux-Sèvres. »

Yannick Thévenet précise que c’est aux jeunes de faire un pas en avant pour être aidés par la CAES. « On envoie à tous les candidats n’ayant pas de solution dans Parcoursup la possibilité d’être contacté pour un accompagnement. Un certain nombre ne souhaite pas le faire car ils ont déjà un emploi. Pour les autres, on leur doit de trouver une solution. »

Source : France Télévisions.

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