« On ne se voit pas ailleurs qu’avec nos animaux et nos champs »
À Belfort-du-Quercy, la ferme Notre-Dame se distingue par son histoire unique. Depuis le XIXe siècle, cette exploitation est gérée par des femmes, et aujourd’hui, elle est dirigée par Solenne, 30 ans, et sa sœur Isaure, 22 ans, représentant la sixième génération à la tête du domaine familial. Leur passion pour l’agriculture, la diversification de leur cheptel et leur entraide sororale témoignent d’un engagement fort envers cette tradition.
« On ne veut pas faire autre chose, c’est une vraie passion. On ne se voit pas ailleurs qu’avec nos animaux et nos champs », déclare Solenne. Elle et Isaure s’occupent des vaches laitières et de quatorze races différentes. Leur mère, Isabelle, 61 ans, qui prendra bientôt sa retraite, a également joué un rôle clé dans la transmission de ce savoir-faire.
La ferme, fondée à la fin du XIXe siècle, a vu sa gestion passer de l’arrière-grand-mère d’Isabelle à la génération actuelle. « On dit que c’est une maison de filles et c’est vrai », sourit Isabelle, tout en reconnaissant les défis auxquels les jeunes agricultrices font face aujourd’hui.
Un travail d’équipe
La dynamique entre les deux sœurs est à la fois professionnelle et personnelle. « On s’engueule et c’est normal. Il faut aussi notre coupure », affirme Isaure. Bien qu’elles aient des spécialités, elles sont capables de gérer tous les aspects de l’exploitation. Récemment, elles ont diversifié leur cheptel en intégrant des brebis caussenardes, des chèvres et des poules pondeuses.
« On a la maladie de la place vide », plaisante Solenne, faisant référence à leur désir de toujours agrandir leur exploitation. Malgré la charge de travail, elles s’efforcent de maintenir leurs animaux à l’extérieur, privilégiant leur bien-être.
Les défis de l’agriculture moderne
Bien que passionnées, Solenne et Isaure doivent également faire face à des défis administratifs. « On a passé un temps fou au niveau de l’administratif pour que je m’installe sur le Gaec, et je me dis que ça va être la même chose pour ma sœur », confie Solenne. Les agricultrices doivent naviguer entre la gestion de leur exploitation et les exigences administratives, souvent lourdes.
Le secteur agricole français est confronté à des enjeux importants, notamment en matière de durabilité et de conditions de travail. Selon l’INSEE, en 2021, 35 % des exploitations agricoles étaient dirigées par des femmes, un chiffre en constante augmentation, mais qui souligne encore la nécessité de soutenir davantage ces initiatives.
Conclusion
La ferme Notre-Dame incarne non seulement une tradition familiale, mais également la réalité des agricultrices d’aujourd’hui, qui allient passion et professionnalisme face à des défis contemporains. La solidarité et la connaissance approfondie de leur métier sont des atouts précieux pour Solenne et Isaure, qui continuent d’écrire l’histoire de cette exploitation emblématique.
Source : La Dépêche.
