Fin de vie : « Soins palliatifs et euthanasie sont incompatibles et inconciliables »
Plusieurs milliers de soignants, médecins, infirmières, infirmiers et pharmaciens ont signé un appel début juin pour s’opposer à l’idée de provoquer intentionnellement la mort de leurs patients. Cette déclaration intervient alors que la proposition de loi relative à la fin de vie est examinée au Parlement depuis le 22 juin, avec un vote prévu le 30 juin. Bien que des garde-fous soient présentés, des exemples comme ceux de la Belgique et des Pays-Bas montrent que ces barrières sont souvent contournées.
Les raisons avancées pour demander l’euthanasie incluent la culpabilité d’être un fardeau pour l’entourage, la peur de souffrances insupportables, et la crainte de l’acharnement thérapeutique. Ces préoccupations doivent être prises en compte, mais la mort ne devrait jamais être considérée comme la seule issue.
Des études indiquent qu’au sein des soins palliatifs, seulement 0,3 % des patients ayant exprimé une demande d’euthanasie à leur admission la maintiennent après avoir reçu des soins appropriés. Près de 95 % des douleurs peuvent être traitées grâce aux avancées médicales, et un accompagnement bienveillant peut redonner un sens à la vie des patients, même dans des situations difficiles.
Les soins palliatifs ne doivent pas être vus comme une étape vers l’euthanasie, car ils sont fondamentalement incompatibles avec celle-ci. Les témoignages des soignants dans les unités de soins palliatifs soulignent l’importance de la présence, de l’écoute et de l’attention, qui apportent réconfort et dignité aux patients.
La discussion autour de cette loi se déroule dans un contexte budgétaire tendu, alors que le système de santé fait face à une crise. La majorité des soignants impliqués dans les soins aux personnes en fin de vie s’opposent à cette proposition, craignant qu’elle ne mène à un abandon de la recherche sur la gestion de la douleur.
Lorsque les traitements ne parviennent pas à enrayer l’évolution d’une maladie, les médecins peuvent ressentir un échec personnel. Cependant, les patients attendent de leur médecin non pas une solution miracle, mais une présence attentive et un soutien dans leurs épreuves.
Sans une approche centrée sur le soin, il est compréhensible que certains patients demandent à mettre fin à leurs jours. Cependant, les progrès réalisés en matière de soulagement de la douleur et d’accompagnement personnalisé montrent que la majorité des plaintes peuvent être adressées efficacement.
Pour toutes ces raisons, les soignants affirment leur refus d’abréger volontairement la vie de leurs patients et appellent à une éthique de soin respectueuse de la vie.
Source : La Croix