Six astronautes sur dix ne vont plus à la selle normalement en orbite : la NASA révèle l’impact de l’apesanteur sur l’intestin
Une étude récente de la NASA a mis en lumière un phénomène préoccupant : 60 % des astronautes souffrent de troubles intestinaux marqués lorsqu’ils sont en orbite. Ce constat, longtemps attribué au stress ou aux changements d’environnement, est désormais compris grâce à des recherches publiées dans la revue Nature Communications.
La constipation ne se limite pas à un simple inconfort pour les occupants de la Station spatiale internationale (ISS). Selon les données de la NASA, ce trouble apparaît dès la première semaine de mission et persiste jusqu’au retour sur Terre, accompagné de symptômes tels que ballonnements et reflux acide. Des laxatifs sont donc inclus dans le matériel médical des missions, y compris les récentes comme Artemis II.
Pour comprendre ce phénomène, des chercheurs ont analysé plus de 400 échantillons sanguins provenant de 52 astronautes ayant séjourné plus de deux mois à bord de l’ISS entre 2006 et 2018. Ces analyses ont révélé une fermentation bactérienne accrue des protéines dans l’intestin. En apesanteur, la flore intestinale des astronautes modifie son régime alimentaire, se détournant des glucides complexes pour se concentrer sur les protéines.
La clé de ce changement semble résider dans le transit intestinal. En l’absence de gravité, le contenu intestinal avance plus lentement, permettant une digestion prolongée des fibres, au détriment des nutriments nécessaires aux bactéries intestinales. Ce mécanisme, qui perturbe le péristaltisme normal, entraîne un ralentissement de la motilité intestinale.
Bien que la constipation puisse paraître un problème mineur face à des risques plus visibles liés aux voyages spatiaux, elle pourrait représenter un risque caché pour la santé des équipages. Un déséquilibre prolongé du microbiome intestinal pourrait affecter l’absorption des nutriments et l’immunité, des facteurs cruciaux lors de missions prolongées, comme un voyage vers Mars. Les chercheurs insistent donc sur l’importance de prendre en compte ces risques avant les futures missions de longue durée.
Source : NASA

