Shadow AI en entreprise, le nouvel angle mort cyber

Shadow AI en entreprise : un nouvel angle mort pour la cybersécurité

Un simple copier-coller peut-il ouvrir une brèche invisible dans le système d’information ? Alors que l’IA générative s’installe dans tous les métiers, le Shadow AI transforme la quête de productivité en défi majeur pour la cybersécurité.

En juin 2026, le nombre de cyberattaques recensées dans le monde a progressé de plus de 17 % par rapport à juin 2025. Face à des menaces toujours plus nombreuses et sophistiquées, les entreprises renforcent progressivement leurs dispositifs de protection.

Cependant, la menace ne vient pas toujours de l’extérieur. Les nouvelles technologies et les usages qui se développent autour d’elles peuvent créer de nouvelles vulnérabilités. L’intelligence artificielle en est un exemple frappant. En 2026, 77 % des dirigeants ou des collaborateurs des ETI françaises déclarent utiliser l’IA générative pour diverses tâches professionnelles, telles que la rédaction d’emails ou l’analyse de données.

Mais les entreprises ont-elles réellement conscience des risques qui accompagnent ces nouveaux usages ? Car le risque cyber peut aussi commencer par un simple copier-coller.

Le Shadow AI, nouveau risque invisible pour les entreprises

Le Shadow AI désigne l’utilisation, dans un cadre professionnel, d’outils d’intelligence artificielle non validés par l’organisation. Des employés peuvent, par exemple, copier des informations sensibles dans une IA publique pour obtenir une réponse ou une synthèse. Ce phénomène est loin d’être marginal : 58 % des salariés interrogés reconnaissent utiliser des outils d’IA accessibles au public plutôt que les solutions sécurisées mises à disposition par leur entreprise.

Le Shadow AI n’est pas totalement nouveau. Depuis plusieurs années, les entreprises font face au Shadow IT, qui concerne l’utilisation de logiciels ou d’applications sans l’accord des équipes informatiques. Cependant, l’intelligence artificielle donne une nouvelle dimension à ce problème. Contrairement à d’autres logiciels, une IA générative peut être utilisée directement depuis un navigateur, ce qui facilite l’accès à des informations sensibles.

Le Shadow AI ne découle généralement pas d’une volonté de contourner les règles de sécurité, mais plutôt d’un besoin d’efficacité. Cela rend la détection de ces usages particulièrement difficile pour les équipes de cybersécurité. Le défi consiste à protéger des données dont la circulation est souvent inconnue.

Interdire l’IA ne fera pas disparaître les usages

Les intelligences artificielles ne présentent pas toutes les mêmes garanties en matière de protection des données. Les conditions de conservation et de traitement des informations varient selon les outils utilisés. Le risque se présente lorsque des collaborateurs utilisent des services publics non validés sans comprendre les règles qui encadrent les données qu’ils partagent.

Pour faire face au Shadow AI, les entreprises doivent comprendre les usages réels de leurs collaborateurs. Cela implique de connaître les outils qu’ils utilisent, les tâches qu’ils accomplissent et les informations qu’ils transmettent. La formation des employés devient alors essentielle. Ils doivent être conscients que même des documents transmis à une IA dans un but professionnel restent des données sensibles.

Cependant, la sensibilisation ne suffit pas. Les entreprises doivent établir des règles claires sur les informations pouvant être transmises et proposer des outils validés qui répondent aux besoins des équipes.

L’intelligence artificielle s’est intégrée dans les entreprises plus rapidement que les règles pour encadrer son utilisation. L’enjeu est désormais de rendre visibles et sécurisés ces nouveaux usages, car une fuite de données peut survenir à tout moment, souvent à cause d’une simple tentative de gain de temps.

Source : BlueSecure

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