Seulement 5% des huîtres survivent : Le combat des ostréiculteurs pour sauver l’huître plate

Des ostréiculteurs font tout leur possible pour tenter de sauver une espèce 100% bretonne : l’huître plate de la baie de Quiberon. À cause des maladies, mais aussi de nouveaux prédateurs, elle risque de disparaître. Grâce au dévouement des producteurs et l’aide d’une biologiste, l’huître plate sera peut-être sauvée.

[Publié initialement en août 2025]

Dans la Baie de Quiberon (Morbihan), la culture de l’huître plate est une tradition séculaire. Bien que les techniques aient évolué, les méthodes de culture demeurent souvent les mêmes. Christophe Kérisit, un ostréiculteur local, utilise un support métallique orné de coupelles, préalablement traité avec un mélange de chaux vive et d’eau de mer. Ce traitement permet de capter les larves d’huîtres dans l’eau.

« On utilise de la chaux vive mélangée à l’eau de mer, » explique Kérisit. « Une mince pellicule se dépose qui permet à la larve de se fixer sur les coupelles du support et de se développer. » Malgré ces efforts, l’huître plate fait face à une menace sérieuse : la dorade, un prédateur qui cause des pertes considérables. En moyenne, seules cinq huîtres sur cent survivent jusqu’à la récolte.

Pour contrer cette situation, les ostréiculteurs se sont unis sous la direction d’Hélène Cochet, biologiste spécialisée dans les milieux marins. Elle souligne que la larve de l’huître plate est incubée dans l’huître femelle pendant environ dix jours avant d’être relâchée dans l’eau. Cochet coordonne la captation des larves et surveille un sanctuaire marin dédié aux naissains d’huîtres plates, le « banc du milieu, » qui a été créé pour renforcer les populations.

Chaque année, les ostréiculteurs consacrent 1% de leur production de naissains pour alimenter ce sanctuaire. Ce dispositif, lancé il y a cinq ans, commence à porter ses fruits, et la mobilisation de la profession est palpable.

Étienne Damerose, ostréiculteur depuis quatre ans dans la ria d’Etel, participe au projet européen REPARE, qui vise à restaurer l’huître plate en Bretagne Sud. Ce programme encourage des mes telles que l’installation de filets anti-dorade et l’entretien des zones de naissains.

Les efforts pour redynamiser la production d’huîtres plates incluent également la recherche de nouvelles zones de culture. Damerose souligne que la ria d’Etel présente des conditions plus favorables pour la culture, avec moins de prédateurs.

L’huître plate, qui a presque disparu dans les années 80 et 90, est souvent remplacée par l’huître creuse, plus facile à élever. Actuellement, la production d’huîtres plates de la baie de Quiberon ne représente qu’un pourcentage très faible des huîtres consommées en France, soit environ 1%.

Les ostréiculteurs continuent de lutter pour préserver cette espèce emblématique, en espérant qu’un jour, elle retrouve sa place sur les tables des consommateurs.

Source : France3 Bretagne.

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