Salon de thé, boulangerie, fleuriste etc comment des services de proximité remettent sur les rails des petites gares d'Ile-de-France

Des services de proximité redynamisent les petites gares d’Île-de-France

Depuis le lancement du programme « Gares de demain » en 2021, sept projets ont été mis en place dans des gares de grande couronne, où chaque jour, au maximum 2500 voyageurs prennent le train, souvent dans des guichets fermés.

La gare de Chars (Val-d’Oise), fermée depuis plusieurs années, illustre bien cette initiative. Les habitants et usagers ont jusqu’au 30 octobre pour répondre à un questionnaire en ligne lancé par la municipalité, visant à réhabiliter un espace voyageurs de 130 m². Anna de Courson, conseillère municipale et cheffe de projet pour cette réhabilitation, précise : « Nous avons déjà reçu 90 réponses et plusieurs porteurs de projets se sont manifestés. Les idées les plus plébiscitées incluent un commerce de produits locaux, un café ou un lieu d’animations pour recréer du lien. »

Ce programme, initié par Île-de-France Mobilités et SNCF Gares & Connexions, cible spécifiquement les petites gares de la grande couronne, qui accueillent moins de 2500 usagers par jour. L’objectif est de prévenir la dégradation des espaces voyageurs, souvent fermés à cause de l’automatisation de la vente des billets, et de lutter contre un sentiment d’insécurité tout en proposant des services de proximité.

Depuis le début du programme, deux appels à projets ont été lancés, et 90 gares ont été identifiées. À ce jour, sept activités ont vu le jour pour un budget total de 3,8 millions d’euros, financé par IDF Mobilités. Parmi ces initiatives, on trouve un fleuriste à Bessancourt, une friperie à Bourron-Marlotte-Grez, un salon de thé à Étang-la-Ville, et une boulangerie à Méry-sur-Oise.

À l’horizon 2028, 20 autres activités devraient ouvrir dans le cadre de la phase 2 du programme. La région Île-de-France propose des accompagnements à la création d’entreprises, tandis qu’Île-de-France Mobilités finance la mise aux normes des locaux et la rénovation des infrastructures. Les frais d’installation sont à la charge des porteurs de projets, qui bénéficient d’un loyer inférieur au prix du marché.

Benjamin Le Seviller, ancien chauffeur de taxi et co-fondateur du salon de thé « Aux quais », témoigne de son expérience : « Cela a été très long. Les travaux ont duré plus longtemps que prévu à cause de traces d’amiante, mais nous sommes très heureux aujourd’hui. La gare est un emplacement clé pour se faire connaître. » Avec près de 1000 voyageurs par jour et des lignes directes vers la Défense ou Saint-Lazare, la gare d’Étang permet aux entrepreneurs de se constituer une clientèle rapidement.

La complexité de réhabiliter ces anciennes gares ne doit pas être sous-estimée. Caroline Courty, cheffe de département adjointe Gares et Services, souligne que tous les espaces voyageurs ne sont pas adaptés en raison de leur configuration et de la présence d’équipements lourds. Les travaux peuvent durer entre un an et deux ans, rendant nécessaire une sélection rigoureuse des candidats.

Malgré ces défis, la réhabilitation de ces gares contribue à renforcer le lien social dans les communautés locales. Les habitants de Méry-sur-Oise, par exemple, peuvent à nouveau acheter du pain à la boulangerie-pâtisserie Baguette M, après une interruption de huit mois.

Source : France 3 Régions

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