Serbie et élargissement : Attente d’un Engagement en Faveur des Valeurs de l’UE
L’avancée vers l’adhésion de la Serbie à l’Union européenne (UE) nécessite non seulement l’adoption de réformes, mais aussi leur mise en œuvre complète, selon un rapport adopté par le Parlement européen. Ce rapport a reçu 468 voix pour, 116 contre et 79 abstentions. Les députés soulignent qu’il existe un fossé persistant entre l’alignement législatif de la Serbie sur les règles européennes et la mise en œuvre effective des réformes, compromettant ainsi les progrès du pays.
Les parlementaires insistent sur le fait que le cheminement vers l’intégration européenne doit être évalué sur la base des mérites propres de chaque pays, sans qu’aucun pays ne soit lié à un autre ou traité comme partie d’un ensemble. Ils affirment que les négociations d’adhésion ne devraient progresser que lorsque des avancées mesurables et durables seront constatées dans des domaines tels que l’état de droit, les élections libres et régulières, la lutte contre la corruption, l’indépendance de la justice, la liberté de la presse, et la réforme de l’administration publique.
Les députés expriment également des préoccupations concernant l’approche de la Commission européenne face à la Serbie. Ils demandent que toute régression significative dans le rythme des réformes soit reflétée dans le soutien financier que l’UE accorde à la Serbie, notamment dans le cadre de ses instruments de financement de préadhésion. La normalisation des relations avec le Kosovo est également soulignée comme une condition essentielle pour le soutien européen.
Les liens de la Serbie avec la Russie et la coopération croissante en matière de sécurité avec la Chine suscitent des inquiétudes sur l’orientation stratégique du pays. Les parlementaires rappellent que l’alignement sur la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE, y compris sur les sanctions contre la Russie, reste une exigence non négociable pour l’adhésion.
Le faible soutien du public à l’adhésion à l’UE en Serbie est attribué à un discours anti-européen diffusé par les médias contrôlés par le gouvernement et par des membres du parti au pouvoir. Les députés appellent l’UE à renforcer sa coopération avec les ONG serbes pour promouvoir la résilience démocratique.
Enfin, face à l’aggravation de la crise politique en Serbie, exacerbée par des manifestations de masse depuis novembre 2024, les députés affirment que la meilleure solution serait d’organiser des élections véritablement libres et équitables.
Tonino Picula, rapporteur du rapport, a déclaré que le processus d’adhésion de la Serbie à l’UE est de facto au point mort, en raison d’un recul démocratique et d’un manque d’alignement sur les valeurs requises pour l’adhésion.
Source : Parlement européen
