Sept pays de l’UE votent contre le programme de santé de la Commission
Les pays de l’Union européenne sont en désaccord sur la répartition du budget européen de la santé pour cette année, notamment en ce qui concerne le soutien aux associations de défense de la santé. Ce désaccord a été mis en lumière lors d’un vote récent des États membres.
Mercredi, la Commission européenne a présenté son programme de travail en matière de santé pour l’année en cours, intitulé EU4Health, qui détermine les modalités d’utilisation des fonds. Un diplomate européen a rapporté que sept États membres ont voté contre le programme, dix se sont abstenus et dix ont exprimé leur soutien.
Le principal point de discorde a été la suppression du financement de base, la Commission ayant proposé de réduire les subventions de fonctionnement allouées aux organisations de la société civile actives dans le secteur de la santé. Les pays qui se sont opposés à cette proposition incluent Malte, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, la France et l’Espagne, avec la Slovénie probablement en tant que septième pays, ayant précédemment soutenu un document informel en faveur du rétablissement des subventions.
Ce vote s’inscrit dans un contexte de restructuration plus large. En juillet, la Commission a annoncé que le programme autonome EU4Health, doté de 4,4 milliards d’euros, serait intégré au nouveau Fonds européen pour la compétitivité, aux côtés de financements destinés à l’agriculture, à la biotechnologie et à la bioéconomie. Les tensions autour du financement se sont intensifiées depuis que la Commission a réduit le budget d’EU4Health de 5,3 milliards d’euros à 4,1 milliards d’euros, soit une diminution d’environ 20 %, en invoquant un recentrage des priorités vers la défense et la sécurité.
Cette situation a suscité des mois d’inquiétude parmi les ONG, les députés européens et plusieurs gouvernements, qui avertissent que l’absence de financement de base prévisible pourrait fragmenter et affaiblir la société civile du secteur de la santé, risquant de les exclure du processus décisionnel de l’UE.
Malgré ces préoccupations, la Commission a qualifié le programme 2026 d’« ambitieux ». Un porte-parole a exprimé des regrets quant à l’incapacité des États membres à soutenir le programme de travail et a indiqué que la Commission réfléchira à la suite à donner à cette situation.
Une solution pourrait consister à saisir un comité d’appel composé de hauts représentants des États membres ou à modifier le programme de travail pour tenir compte des préoccupations soulevées et convoquer un nouveau vote dans les deux mois.
Le European Patients’ Forum (EPF) a qualifié ce vote de « signal positif », tout comme EURORDIS‑Rare Diseases Europe, qui y voit un engagement renouvelé envers des ONG de santé « fortes, indépendantes et dotées d’un financement adéquat ».
Source : Euractiv
