Quitter un emploi stable pour la vie d’artiste au Sénégal
De notre correspondante à Dakar – Dans un contexte où la stabilité professionnelle est souvent valorisée, deux artistes en Côte d’Ivoire, Marie Adjoba et Bee Joe, ont fait le choix audacieux de quitter des carrières stables pour se consacrer à leur passion : la culture.
Marie Adjoba, 30 ans, est une artiste plasticienne autodidacte. Anciennement coordinatrice de programmes dans un cabinet, elle a travaillé plus de cinq ans dans le secteur agricole et les énergies renouvelables. Un jour, elle décide de tout plaquer pour se consacrer à la peinture. Son atelier, presque vide, est rempli de pots de peinture. « Il y a un ciel qui est gris, c’est l’atmosphère que j’ai voulu apporter. Je parle beaucoup de l’expérience humaine, de ses peurs, ses doutes, ses questionnements », explique-t-elle. Sa routine a radicalement changé, travaillant la nuit et dormant le matin. « Je me suis rendu compte que j’aimais tellement la peinture quand, au lieu d’aller acheter du maquillage, je partais acheter des pinceaux », confie-t-elle.
D’autre part, Bee Joe, slameur reconnu, a quitté une carrière d’expert-comptable après 14 ans dans diverses entreprises. « Je commençais à délirer dans mon bureau, je faisais des monologues », se rappelle-t-il. Sa passion pour le slam s’est révélée si forte qu’il a décidé de se lancer, malgré les risques financiers. « Quand je compare mes bulletins de salaire d’autrefois avec ce que je gagne maintenant, c’est de la folie », admet-il. Bien qu’il ait dû vendre ses véhicules et adapter son mode de vie, il parvient aujourd’hui à vivre modestement de sa passion.
Ces choix, bien que risqués, ont permis à Marie et Bee Joe de s’épanouir dans des domaines peu reconnus socialement mais riches en créativité. Leur parcours illustre les défis et les joies de vivre de l’art dans un environnement parfois hostile à l’informel.
Source : RFI



