Sénégal : Analyse des chantiers les plus coûteux et leur influence sur la dette nationale

Dette : Voici les grands chantiers qui ont le plus coûté au Sénégal ces dernières années

La Dette Publique du Sénégal Atteint des Niveaux Alarmants : Analyse des Grands Chantiers Infrastructuraux

L’audit de fin 2024 a révélé que la dette publique du Sénégal atteignait 99,7 % du PIB, soit près de 18 559 milliards de francs CFA, un chiffre alarmant comparé aux 74 % précédemment annoncés, soulignant ainsi l’impact financier des grands chantiers d’infrastructure.

La période de 2012 à 2024 a vu une transformation significative des infrastructures sénégalaises, notamment à travers la construction d’un nouvel aéroport, de plusieurs autoroutes et d’un train express régional. Cependant, cette évolution soulève des questions sur les coûts réels associés à ces projets. L’audit a mis en lumière une différence notable entre les chiffres de la dette officielle et ceux révélés par les nouvelles évaluations, incitant à une réflexion sur la gestion financière des grands chantiers.

Parmi les projets ayant contribué à cette explosion de la dette, l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) se classe en tête. Initialement estimé à 227 milliards de francs CFA lors de sa contractualisation en 2007, le coût a atteint 407 milliards de francs CFA à son inauguration en 2017. Une réunion interministérielle de 2025 a révélé que les engagements liés à AIBD SA s’élevaient à 470 milliards de francs CFA, avec 185 milliards déjà décaissés.

Le Train Express Régional (TER), reliant Dakar à Diamniadio, représente également un poste de dépense majeur. Lors de sa mise en service en 2021, son coût a été estimé à 780 milliards de francs CFA, financé par divers prêts. Cependant, des divergences de chiffres persistent, certains estimant le coût à 568 milliards, tandis que d’autres, comme Ousmane Sonko, avancent un montant de 1 200 milliards de francs CFA.

Le réseau autoroutier a également pesé lourdement sur les finances publiques. L’autoroute Ila Touba, reliant Thiès à la ville sainte, a coûté environ 487 milliards de francs CFA, financés à 85 % par un prêt de l’Exim Bank of China. De plus, l’axe Dakar-Diamniadio-AIBD a nécessité un investissement de 380 milliards de francs CFA pour seulement 32 kilomètres, illustrant un coût au kilomètre parmi les plus élevés de la sous-région.

La compagnie aérienne nationale Air Sénégal, créée en 2018, a cumulé un soutien public de 181 milliards de francs CFA et des pertes de 89 milliards en 2022 puis 57 milliards en 2023. Sa dette actuelle dépasse 118 milliards de francs CFA, ce qui soulève des préoccupations quant à la viabilité de l’entreprise.

Les autorités et les bailleurs de fonds internationaux expriment des inquiétudes croissantes concernant la gestion de la dette. Edward Gemayel, chef de mission du FMI pour le Sénégal, a reconnu une « responsabilité partagée » dans la sous-estimation de la dette réelle, après avoir approuvé un prêt de 1,8 milliard de dollars basé sur des chiffres qui se sont révélés erronés.

La question demeure de savoir si ces grands chantiers ont généré un retour économique proportionnel à leur coût. Les analystes restent divisés sur l’impact direct de ces projets sur l’économie nationale, certains critiquant leur efficacité, tandis que d’autres soulignent leur rôle dans la réduction des coûts logistiques.

Source : Audit de la dette publique, 2024.

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