Comprendre la sélection en Master de Psychologie : enjeux et propositions
Le 8e rapport sur MonMaster propose plusieurs pistes pour répondre aux tensions au sein de la filière psychologie, notamment la création de métiers intermédiaires accessibles après la licence, inspirés du modèle belge des assistants en psychologie. Cependant, cette proposition ne fait pas l’unanimité au sein de la profession.
Denis Jacquet, président de l’AEPU, souligne que les psychologues souffrent déjà de conditions de travail peu attractives. Il estime que la création de professionnels moins qualifiés pourrait aggraver cette situation. Selon lui, la priorité devrait être de revaloriser la profession et de renforcer le niveau de formation.
Dans l’université où il exerce, environ 400 étudiants intègrent chaque année la première année de psychologie, un chiffre qui atteint 550 en incluant les redoublants. En revanche, seulement 85 places sont disponibles en master, ce qui crée un déséquilibre. Jacquet préconise de limiter les capacités d’accueil en licence pour éviter des déconvenues.
Une autre revendication émise par la profession est l’allongement de la durée de la formation, avec une proposition d’une sixième année principalement dédiée aux stages, avancée par la fédération française des psychologues et de la psychologie (FFPP). Cela permettrait d’aligner le cursus français sur les standards européens et anglo-saxons, où la part de pratique clinique est généralement plus importante.
En France, un minimum de 500 heures de stage est requis en master pour obtenir le titre de psychologue. À titre de comparaison, en Australie, les étudiants peuvent cumuler jusqu’à 3 000 heures de stage rémunéré avant d’exercer. Cet écart soulève des questions, d’autant plus que la santé mentale a été désignée Grande cause nationale en France ces deux dernières années.
Source : 8e rapport sur MonMaster