BEHROUZ MEHRI / AFP
Une librairie des éditions Grasset & Fasquelle, à Paris, le 16 avril 2026.
Le « licenciement » du PDG des éditions Grasset, Olivier Nora, suscite de vives réactions. Plus de 300 auteurs et acteurs du monde de l’édition, parmi lesquels Leïla Slimani, Virginie Despentes et Emmanuel Carrère, ont publié une tribune dans Tribune Dimanche, appelant à l’instauration d’une « clause de conscience » pour les auteurs.
« Il est temps de poser une limite. Cette limite a un nom : la clause de conscience. Elle existe pour les journalistes. Elle doit être étendue, non pour fragiliser les entreprises, mais pour rétablir un équilibre élémentaire entre la liberté d’entreprendre et la liberté de ne pas servir ce que l’on réprouve », affirment les signataires.
Parmi les signataires figurent des auteurs de plusieurs maisons d’édition, dont Leïla Slimani (Gallimard), Hervé Le Tellier (Gallimard) et Maylis de Kerangal (Verticales), ainsi que des figures emblématiques de Grasset, tels que Gaël Faye et Bernard Henri-Lévy.
Les signataires estiment que « le licenciement par Vincent Bolloré du PDG des éditions Grasset Olivier Nora est le révélateur d’une évolution à laquelle notre droit ne sait pas faire face ».
« Le groupe dont relèvent Hachette et Grasset forme désormais un ensemble cohérent de médias, d’éditeurs et de plateformes dont l’orientation idéologique est identifiée dans le débat public. Cette évolution assumée ne trouve aucune traduction dans le droit du travail ni dans celui des auteurs », déplorent-ils.
Une décision inédite de 170 écrivains
En parallèle, environ 170 écrivains ont récemment décidé de ne plus publier de nouveaux livres chez Grasset, suite au départ d’Olivier Nora, qu’ils imputent à Vincent Bolloré, le magnat conservateur qui contrôle Hachette, le leader du secteur en France.
Dans une lettre ouverte, ils dénoncent « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » de la maison d’édition.
La sénatrice socialiste Sylvie Robert a également appelé à la création d’une « clause de conscience » pour les auteurs « en cas de changement radical dans la ligne éditoriale ».
Cette proposition est soutenue par le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, qui travaille sur une loi visant à intégrer une clause « intuitu personae » dans les contrats d’édition, permettant aux auteurs de rompre leur contrat en cas de changement d’éditeur.
Interrogé sur cette initiative, Emmanuel Macron a exprimé sa volonté de « réfléchir » à la question, sans se prononcer clairement. Il a souligné que c’est « une question qui va se poser ».
Source : HuffPost
