Le Berlin rebelle de Patrick Senécal
(Berlin) Le romancier québécois Patrick Senécal, célèbre pour son œuvre, se rend régulièrement à Berlin pour plusieurs semaines de création littéraire. Il privilégie des lieux hors des sentiers battus, qui ont inspiré son dernier roman, Le M Club.
À l’extérieur d’un restaurant israélien, Senécal attend, une bière à la main, entouré d’amis. Cette scène illustre parfaitement l’esprit de liberté qui règne dans la ville. À Berlin, boire sur la voie publique est légal, et le mélange des genres est omniprésent, des familles côtoyant des groupes marginaux sur les terrasses des bars.
« Tu peux venir à Berlin puis faire à peu près ce que tu veux, avoir le style que tu veux, et personne ne va te juger », déclare Senécal. Cette tolérance, selon lui, est l’une des caractéristiques les plus remarquables de la ville.
Son dernier roman, Le M Club, s’inspire de ses séjours à Berlin, où il fréquente des lieux emblématiques comme la cour intérieure de l’historique Haus Schwarzenberg, un musée à ciel ouvert. Ce site, au cœur du Berlin underground des années 1990, abrite des galeries d’art, un cinéma alternatif et le Centre Anne Frank.
Cette année, il a été rejoint par son ami Ghislain Taschereau pour dix jours de création. Les deux auteurs terminent souvent leurs journées dans le Pratergarten, le plus ancien biergarten de Berlin, où ils échangent sur leur travail tout en savourant l’ambiance locale.
Une visite de Berlin ne saurait être complète sans un passage à l’East Side Gallery, la plus grande galerie d’art à ciel ouvert du monde, qui s’étend sur plus d’un kilomètre de l’ancien mur de Berlin. Loin des touristes, un village urbain alternatif au bord de la rivière Spree offre un cadre relaxant avec ses restaurants et terrasses.
Selon Senécal, « Berlin n’est pas une ville de carte postale », mais elle possède des lieux d’une beauté indéniable, comme la porte de Brandebourg et l’île des musées.
Leurs explorations les mènent à Mauerpark, où se tient un marché aux puces animé, et au Raw-Gelände, un ancien complexe ferroviaire devenu un haut lieu de la culture berlinoise.
En soirée, ils visitent le karaoké du Monster Ronson’s Ichiban et terminent la nuit dans la célèbre boîte de nuit Trésor, un temple de la musique techno.
Ces expériences enrichissent non seulement leur vie personnelle, mais nourrissent également leur créativité littéraire.
Source : La Presse, Martin Tremblay