Urgence alimentaire à Marseille : le Secours Catholique tire la sonnette d’alarme
Le Secours Catholique de Marseille organise ce mercredi 17 juin à 19h un dîner solidaire devant la Préfecture des Bouches-du-Rhône. L’association appelle à un renforcement des moyens pour lutter contre la précarité alimentaire, ainsi qu’à la création d’un restaurant social ouvert le soir.
Depuis trois décennies, le Secours Catholique parcourt chaque nuit les rues de Marseille avec une tournée mobile, visant à rencontrer et orienter les plus démunis. Cependant, la précarité alimentaire a connu une augmentation constante ces dernières années, avec 250 bénévoles accueillant environ une centaine de personnes par jour. Selon Julien Moisan, chargé de plaidoyer au Secours Catholique, « la majorité d’entre eux n’ont rien avalé de la journée et comptent sur l’association pour se nourrir ».
Cette situation critique a conduit l’association à suspendre ses maraudes pendant une semaine, en raison d’un manque de denrées alimentaires et de conditions d’intervention dégradées. Le dîner solidaire prévu ce mercredi a pour but de créer un moment de convivialité et d’éveiller les consciences des pouvoirs publics et de l’État.
Julien Moisan souligne : « Quand il y a plus de 100 personnes sur un bout de trottoir, on n’est plus sur une rencontre sociale mais sur une urgence de se nourrir. » Cette affluence détourne l’association de sa mission principale, qui est de favoriser le lien social. Il précise que leur rôle n’est pas d’asr l’aide alimentaire, mais d’orienter vers les services compétents, ce qui devient difficile lorsque les institutions ne répondent pas aux besoins.
En 2022, l’organisme de recensement ASSAb a dénombré plus de 16 000 personnes à la rue dans la cité phocéenne. Le Secours Catholique a également enregistré plus de 30 000 rencontres en une année, marquant une augmentation de 15 % par rapport à 2021 et de 50 % par rapport à 2012.
Julien Moisan déplore le manque de réponse de la préfecture malgré deux ans de discussions pour ouvrir un lieu permettant aux personnes dans le besoin de bénéficier d’un dîner au chaud. Parallèlement, il fait état d’une diminution des subventions accordées par l’État aux nombreuses associations luttant contre la précarité alimentaire.
La Charte des Nations Unies souligne que les États doivent prendre toutes les mes nécessaires pour garantir à chacun le droit à une alimentation adéquate. Cependant, cette obligation laisse une certaine latitude aux gouvernements dans la mise en œuvre de ces droits.
Contactée, la préfecture des Bouches-du-Rhône n’a pas fourni de réponse dans les délais impartis à la rédaction de cet article.
Source : Secours Catholique, ASSAb
