Vidéo Le Rhin, le Danube, le Vistule et même la Loire atteignent des niveaux historiquement bas à cause de la sécheresse. Derrière ce constat, c’est l’économie européenne qui tourne au ralenti.
« L’obstacle qui bloquait le passage de l’eau vers la centrale de Cernavodă a disparu. » Radu Miruță, le ministre roumain de la Défense, s’est félicité début août de l’explosion du rocher qui bloquait une partie du débit du Danube vers la centrale nucléaire Cernavodă dans une vidéo publiée sur le compte Facebook de son ministère.
L’impressionnante opération visible dans la vidéo en tête de l’article illustre la situation de sécheresse exceptionnelle du fleuve. Le débit du Danube n’est plus suffisant par endroits pour refroidir les centrales nucléaires et les pays de l’Europe de l’Est font face cet été à des défis énergétiques inédits qui menacent l’économie.
Si en France la sécurité énergétique n’est pas menacée, plusieurs centrales comme celle de Chooz (Ardennes) ou de Golfech (Tarn-et-Garonne) ont dû parfois être arrêtées temporairement, là aussi à cause d’un débit d’eau insuffisant du fleuve qui permet de refroidir les réacteurs.
Le spectre d’une inflation à la rentrée
Mais la sécheresse touche toute l’industrie européenne, au-delà du nucléaire. Quand le Rhin est presque à sec, c’est l’industrie allemande qui s’inquiète. En Allemagne, 171,6 millions de tonnes de marchandises sont transportées par voies fluviales en 2025. En France, c’est 43 millions de tonnes. Face au niveau faible des cours d’eau, les péniches sont chargées à 20 % de leur capacité et font des allers-retours, augmentant les frais logistiques. Pour tenter de sauver une partie de l’économie, les Länder de la Sarre et la Rhénanie-Palatinat ont suspendu temporairement l’interdiction de circulation des poids lourds le dimanche et jours fériés.
Dernier impact sur l’économie : les restrictions d’usage de l’eau. Près de 70 % du territoire français fait l’objet de mes, et l’industrie et l’agriculture sont les premiers secteurs affectés. Dans certains bassins, l’irrigation et l’arrosage des cultures sont interdits et dans d’autres fortement limités. Les cultures sèchent et les rendements diminuent, risquant d’augmenter les prix. Dans l’industrie, la métallurgie ou la papeterie doivent réduire leur production. Avec les canicules, les incendies et la sécheresse, l’économie fait face à de nombreux défis cet été.
Source : Nouvel Obs


