L’hiver va être compliqué à tenir : les éleveurs de bétail alertent sur le manque de fourrage

Le Limousin s’apprête à vivre sa quatrième vague de chaleur de l’année, avec des températures pouvant atteindre 40 °C. Cet été s’annonce déjà catastrophique pour le secteur agricole, notamment pour les éleveurs dont les prairies ne parviennent plus à se régénérer en raison de la sécheresse persistante. Une pénurie de fourrage est redoutée d’ici la fin de l’année.

Les éleveurs de bovins et d’ovins en Corrèze commencent à puiser dans leurs réserves de foin, normalement conservées pour l’hiver. Cette situation est causée par des prairies gravement affectées par des sécheresses précoces et répétées depuis avril. Les conditions sont déjà comparables à celles observées en septembre lors d’années précédentes, mais sans les réserves nécessaires pour tenir.

Pierre Bournazel, éleveur à Orliac-de-Bar, témoigne de sa préoccupation : « On ne peut guère faire plus brûlé, tout est cramé ». Sa prairie est à sec depuis un mois et demi. Pour préserver ce qui reste, il limite l’accès de ses vaches à de petites parcelles ombragées. Il estime qu’il faudra au moins quatre jours de pluie continue pour espérer une repousse avant la mi-septembre.

Baptiste Vinatier, éleveur à Sarran, partage une inquiétude similaire. Il a récolté son foin plus tôt cette année, avec un déficit de 45 % par rapport aux besoins, ce qui le pousse à craindre que l’hiver soit difficile à passer. Le prix du fourrage a presque doublé, passant de 80 à 140 euros la tonne, ce qui complique encore la situation pour les éleveurs.

Pierre Boudrie, président de l’association du Comice de l’ex-canton de Corrèze, souligne que la pénurie de fourrage est au cœur des discussions dans les comices agricoles. Les conséquences de la sécheresse se font également sentir dans l’organisation des activités locales, comme les comices agricoles, où plusieurs désistements ont déjà été enregistrés.

La situation est d’autant plus préoccupante dans le Limousin, où la saison de croissance est très courte, avec des gelées persistantes jusqu’en mai et un arrêt de la croissance de l’herbe dès octobre. Les terres, souvent sableuses, ne favorisent pas d’autres cultures que l’herbage.

Article réalisé à partir du reportage de Charles de Quillacq et Camille Becchetti.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *