Sécheresse : la Loire atteint des niveaux historiquement bas, les services de l’État « potentiellement inquiets pour la suite »
À Nantes, la Loire a enregistré un niveau alarmant de 1,51 mètre mercredi 19 août, un seuil jamais atteint auparavant, selon les données du réseau ICI. Plusieurs préfectures ont placé le fleuve « en alerte crise ».
Cet été, la Loire connaît des niveaux historiquement bas, avec plusieurs secteurs en alerte crise. Le débit du fleuve est maintenu grâce à des lâchers d’eau depuis les barrages de Villerest et Naussac. Nicolas Hardouin, directeur adjoint de la Dréal Centre-Val de Loire, a déclaré : « Potentiellement, on peut être inquiet pour la suite. Tout dépendra des précipitations à venir. »
Le 19 février, un niveau de crue record de 8,17 mètres avait été observé à Nantes, soulignant le contraste avec la situation actuelle. En milieu d’été, le débit de la Loire est habituellement compris entre 90 et 240 mètres cubes par seconde. Actuellement, il est bien en dessous des moyennes, avec 17,8 m³/seconde à Nevers, 22,3 m³/seconde à Orléans et 44,4 m³/seconde à Tours.
Plusieurs préfectures, notamment en Indre-et-Loire, dans le Loiret, en Saône-et-Loire et dans le département de la Loire, ont imposé des restrictions, notamment l’arrêt de l’irrigation, sauf dérogations spécifiques. Les industriels doivent également réduire leurs prélèvements d’eau, bien qu’aucune difficulté majeure concernant l’approvisionnement en eau potable n’ait été signalée.
En raison de la sécheresse persistante, le soutien d’étiage, qui consiste à alimenter le fleuve depuis les barrages, est limité afin de préserver les réserves. Actuellement, le barrage de Villerest est rempli à 40 %, tandis que celui de Naussac affiche 66 %. À Gien, le débit minimum a été fixé à 39 mètres cubes par seconde depuis le 5 août.
Les services de l’État prévoient des épisodes pluvieux ou orageux pour préserver les réserves d’eau. « Nous essayons de gérer au mieux pour qu’il y ait de l’eau jusqu’au retour des écoulements, qui pourrait théoriquement être début novembre, » a précisé Nicolas Hardouin.
La faiblesse du débit a également des conséquences sur la biodiversité, avec des espèces comme les loches et les chabots en détresse. Damien Hemeray, conservateur de la réserve naturelle de Saint-Mesmin, a alerté sur les risques pour les invertébrés aquatiques et le stress hydrique des arbres riverains.
Source : Franceinfo



