« Tout le monde attend la pluie » : après l’interdiction totale d’arrosage, les terrains de sport du Lot-et-Garonne risquent de succomber à la sécheresse

Tout le monde attend la pluie : la sécheresse menace les terrains de sport du Lot-et-Garonne

Face à des conditions climatiques de plus en plus difficiles, le département du Lot-et-Garonne se retrouve confronté à une sécheresse persistante. L’interdiction totale d’arrosage, mise en place par les autorités, pèse lourdement sur les terrains de sport, notamment ceux de football et de rugby, qui risquent de devenir impraticables. « Tout le monde attend la pluie », exprime Sébastien Berthoumieux, conseiller municipal de Boé en charge des sports.

L’an dernier, les restrictions sur l’utilisation de l’eau dite « superficielle » n’avaient été instaurées qu’à partir du 1er août. À cette époque, la situation de « crise » ne s’appliquait qu’aux bassins non réalimentés. Actuellement, aucune date de levée des restrictions n’est prévue. Les terrains de sport, en particulier, subissent de plein fouet cette situation, bien qu’une exception soit faite pour ceux d’enjeu national ou international.

Sauver les terrains avant la reprise

Pour pallier cette situation, la commune de Boé envisage de déposer une demande de dérogation pour son terrain situé sur le complexe sportif de Cancelles, qui accueille des compétitions de football de ligue Régional 1, juste en dessous du National 2. « Pouvoir arroser la nuit serait déjà une avancée, sinon la pelouse va cramer », alerte Berthoumieux, alors que le complexe doit rouvrir aux sportifs le 20 juillet, avant une compétition prévue le premier week-end d’août.

À long terme, la commune projette d’investir dans des solutions durables telles que la récupération des eaux de pluie et la création d’un terrain synthétique, un projet qui pourrait coûter environ un million d’euros. Ce type d’installation est déjà en cours au stade Armandie à Agen, pour un montant de 943 000 euros, dont les travaux devraient se terminer en août.

Remède ou fausse bonne idée ?

Toutefois, l’option du terrain synthétique suscite des débats. Amanda Sanz, adjointe au maire d’Agen, souligne que bien qu’il réduise l’utilisation d’eau, le synthétique pose d’autres problématiques écologiques. Elle met en garde contre les risques de création d’îlots de chaleur dans des zones urbaines denses, ainsi que sur les préoccupations de santé soulevées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

La situation actuelle soulève donc des questions cruciales sur la gestion de l’eau et l’avenir des infrastructures sportives dans le Lot-et-Garonne.

Source : Sud Ouest

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