Sécheresse : sols plus secs que jamais, nappes au plus bas… quand espérer un retour à la normale ?

Sécheresse : sols plus secs que jamais, nappes au plus bas… quand espérer un retour à la normale ?

L’Hexagone vient de battre le triste record des sols les plus secs de son histoire, à la mi-août 2026. Pour mettre fin à cette situation catastrophique pour la biodiversité et l’agriculture, il faudra beaucoup de pluie, et pas mal de patience.

C’est officiel, la sécheresse de l’été 2026 est historique. Et « les sols n’ont jamais été aussi secs depuis le début des mes », a annoncé Météo France le 18 août. Ce triste record s’aggrave chaque jour, alors que les précipitations conséquentes se font encore attendre.

L’état des nappes phréatiques de l’Hexagone, publié par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), montre qu’au 15 août, 92 % des nappes sont en baisse, et deux tiers affichent un stockage d’eau inférieur aux normales. Pour une nappe sur cinq, le niveau est qualifié de « très bas ».

La situation aurait pu être pire. L’hiver 2025-2026 a permis une recharge des nappes grâce à des pluies importantes sur les trois quarts du pays, sauf le Nord-Est. Cela a permis aux nappes de tenir pendant une partie de l’été, malgré un déficit de pluie de 70 % par rapport à la moyenne en juillet. David Ratheau, hydrogéologue au BRGM, souligne que la succession d’une sécheresse hivernale et estivale serait catastrophique, un événement de plus en plus probable à cause du réchauffement climatique.

La sécheresse a commencé plus tôt que prévu, avec une baisse des précipitations de 70 % en avril. « Les stocks des nappes datent de février, ça commence vraiment à être loin », indique David Ratheau. Les conséquences sont visibles : surfaces desséchées, végétation jaunie et cours d’eau asséchés, entraînant des problématiques de biodiversité.

David Ratheau prédit qu’il ne faudra pas s’attendre à une recharge des nappes avant la mi-automne, voire l’hiver. Même l’hiver ne garantit pas un retour à la normale. Les nappes réactives, comme celles composées de sables et graviers, pourraient se remplir rapidement en cas de fortes pluies, tandis que les nappes inertielles, comme celle de Beauce, mettront plus de temps à se reconstituer.

Pour retrouver des niveaux satisfaisants, il faudra des pluies continues, importantes et bien réparties. Les normales de saison seront un strict minimum. En surface, des pluies continues sans grande intensité seront également nécessaires pour aider à relancer les rivières. Cependant, les niveaux des cours d’eau dépendent intrinsèquement de ceux des eaux souterraines.

Il est peu probable que les orages traditionnels de fin d’été apportent une aide significative. La sécheresse a rendu les sols durs et imperméables, ce qui pourrait empêcher l’absorption d’une grande quantité d’eau. Paradoxalement, la sécheresse pourrait favoriser les inondations et les crues de rivières.

Avec l’arrivée de la saison des épisodes cévenols, alimentés par une mer Méditerranée en surchauffe, des orages potentiellement plus violents sont à prévoir. Selon une étude du collectif World Weather Attribution, la température de la mer est supérieure de 6 degrés aux normales par endroits.

Source : Météo France, BRGM.

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