Sécheresse : le piège des « transitions sèches » qui prive la France de pluie
Les masses d’air changent, les températures chutent parfois brutalement… mais la pluie ne vient toujours pas. Depuis plusieurs mois, la France enchaîne des « transitions sèches », un mécanisme qui contribue à entretenir une sécheresse désormais exceptionnelle.
Pourquoi le changement de masse d’air ne s’accompagne-t-il pas de pluie ?
La situation observée entre le mardi et le mercredi 16 septembre en est une parfaite illustration. Après un air subtropical très chaud, une masse d’air océanique nettement plus fraîche a envahi le pays, entraînant des baisses de températures de 10 à 12°C en 24 heures. Pourtant, le front froid séparant ces deux masses d’air est resté très peu actif. Les pressions restent élevées, la France étant en bordure de l’anticyclone. Cette subsidence limite les mouvements verticaux, freine le développement des nuages convectifs et des orages, et affaiblit fortement les précipitations. Ainsi, bien que les températures changent, les sols ne bénéficient pratiquement d’aucun arrosage significatif.
Ces « transitions sèches » entretiennent l’engrenage de la sécheresse
Ce scénario s’est répété de nombreuses fois depuis le mois de mai : les hautes pressions s’effacent temporairement, un front traverse le pays, puis l’anticyclone se reconstruit rapidement, empêchant les perturbations de s’activer. Cette succession de fronts peu pluvieux explique en partie pourquoi la sécheresse continue de s’aggraver malgré plusieurs changements de temps apparents. Au 14 septembre, la France n’a enregistré que 6,4 mm de pluie en moyenne depuis le début du mois. Selon les projections, le cumul pourrait atteindre environ 8,2 mm fin septembre, contre 13,7 mm lors du record de sécheresse de septembre 1977. L’activité orageuse est également très faible ce mois-ci : si cette tendance se prolonge, septembre 2026 pourrait se distinguer parmi les mois de septembre les moins orageux.
Source : La Chaîne Météo

