C’est la ville de l’eau et de l’art

À Aix-en-Provence, une trentaine de fontaines, qui ne sont pas en circuit fermé, sont à l’arrêt en raison des restrictions d’eau liées à la sécheresse. Tout un symbole pour celle que l’on surnomme la ville aux 1 000 fontaines.

Dans le centre-ville d’Aix-en-Provence, pas l’ombre d’un jet d’eau. Depuis quelques jours, une trentaine de fontaines de la ville sont à l’arrêt et même la célèbre Rotonde n’est plus qu’un bassin d’eau verdâtre. Si certains comprennent, d’autres expriment leur déception. Un passant déclare : « C’est dommage, c’est plus joli quand il y a de l’eau qui ruisselle. » Un autre nuance : « C’est la ville de l’eau et de l’art, alors il faut avoir des fontaines. Mais c’est la sécheresse, on ne peut rien y faire. » Pour des vacancières, la frustration est palpable : « Nous, par exemple, on vient qu’une fois et on ne les aura pas vues. C’est un paysage différent de ce qu’on aurait pu voir. »

Cette situation est due à un arrêté préfectoral de restriction d’eau liée à la sécheresse, qui interdit le fonctionnement des fontaines à circuit ouvert. Une touriste américaine témoigne : « Je pense que c’est une bonne chose parce qu’évidemment, on a besoin d’eau pour d’autres approvisionnements. Honnêtement, si nous n’avons pas de fontaines qui coulent, ça n’a pas trop d’importance. » Une habitante regrette néanmoins : « C’est tellement agréable les fontaines dans Aix… Avec des circuits fermés, ça éviterait le gaspillage d’eau et les fontaines continueraient à couler. »

Dans la ville dite aux 1 000 fontaines, cette me ne passe pas inaperçue et semble se répéter ces derniers étés, les arbitrages autour de la ressource en eau devenant de plus en plus fréquents. Emma Haziza, hydrologue, explique : « On va privilégier la salubrité publique. Le fait de nettoyer les rues, de garder des réserves d’eau pour la sécurité civile est hautement stratégique, surtout avec les problèmes de feu. Tout ce qui n’est pas prioritaire va passer au second plan. »

Sans effort de sobriété, les situations de tension hydrique pourraient concerner 90 % de l’Hexagone à horizon 2050.

Source : France 3 Régions.

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