Sécheresse : « On subit une perte d’un tiers de la production de nos maïs »
À l’heure de la récolte du maïs, les agriculteurs de Lorraine sont confrontés à des épis de mauvaise qualité, et ils s’attendent à une perte d’un tiers de leur récolte. Pour compenser cette baisse de rendement et nourrir leur bétail, les éleveurs seront contraints d’acheter du fourrage à un prix élevé, appelant le gouvernement à l’aide.
La sécheresse a un impact significatif sur la production de maïs dans la région. Les agriculteurs remarquent que la récolte, très précoce cette année, est décevante. Le stock d’ensilage, insuffisant pour nourrir le bétail durant l’hiver prochain, oblige les éleveurs à chercher des solutions coûteuses.
Gauthier Griffaton, éleveur laitier à Hamonville (Meurthe-et-Moselle), a récemment partagé son inquiétude. Il cultive 32 hectares de maïs et observe une baisse sévère de rendement, non seulement pour le maïs, mais également pour les surfaces en herbe : « On subit une perte d’un tiers de la production de nos maïs et de plus de moitié de la production de nos surfaces en herbe. Nous allons devoir acheter du fourrage à l’extérieur, ce qui affectera gravement notre trésorerie. »
Cette situation pourrait coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros à l’éleveur. D’autres exploitations subissent des pertes encore plus importantes, atteignant parfois jusqu’à trois quarts de la récolte. Antoine Clavel, président du syndicat des Jeunes Agriculteurs du Grand Est, décrit la situation comme une crise : « Cette crise va avoir des conséquences financières pour la profession. Elle a déjà des conséquences financières pour les éleveurs et pour les céréaliers. L’urgence est d’arriver à passer ce cap. »
Pour faire face à cette crise, le syndicat appelle le gouvernement à intervenir. Il demande des aides pour l’achat de fourrage, des allègements ou un report de cotisations sociales, ainsi qu’une année blanche pour les remboursements de prêts bancaires. Antoine Clavel souligne également la nécessité d’une adaptation à long terme des modes de production : « Il faut réfléchir à faire évoluer les cultures, avoir quelques zones en Lorraine où le maïs peut être irrigué, et s’orienter vers des cultures plus résilientes face au climat. »
Le syndicat des Jeunes Agriculteurs plaide pour une réorientation des aides, visant à établir des aménagements structurels durables, tels que la constitution de réserves d’eau en hiver pour irriguer l’été et l’adaptation des bâtiments d’élevage aux conséquences du réchauffement climatique.
Source : France 3 Régions


