L’eau va devenir plus chère que le vin : Quincy-le-Vicomte face à la sécheresse
La source des Prâles ne fournit pas suffisamment d’eau depuis le début de l’été. Pour avoir de l’eau au robinet, la population doit compter sur des livraisons par la route, qui restent coûteuses malgré le volontariat d’habitants.
Les rues de Quincy-le-Vicomte paraissent assommées par le soleil de plomb, mercredi 12 août. Le ruisseau des Prêles, ou ce qu’il en reste, tente d’éviter les cailloux pour suivre son cours. La fontaine du XIXe siècle a été mise à sec, et aucun canard ne barbote dans l’ancien lavoir percé d’arcades. La sécheresse touche tout le département de la Côte-d’Or, mais la situation est ici particulièrement critique. Les 200 habitants du village, ainsi que leurs 80 voisins de Quincerot, doivent acheminer leur eau potable par camion-citerne, deux à trois fois par semaine.
Gilles Caverot, habitant de Quincerot, fait partie d’une douzaine de bénévoles qui asnt les rotations pour livrer l’eau. « Il n’y a rien de compliqué, on met le tuyau, on verse un bouchon de javel et voilà », explique-t-il. Ce jour-là, il passera le relais à son fils, puis à un autre habitant, pour remplir et vider à huit reprises les 14 000 litres de la citerne.
En temps normal, trois puits de captage dans la source des Prâles asnt l’alimentation en eau potable. Cependant, la source ne fournit actuellement que 20 m³ par jour, alors qu’il en faudrait 50 à 60 m³, selon Gilles Robillard, maire adjoint de Quincerot. Le camion-citerne doit donc se rendre à Saint-Rémy, une autre commune située à cinq kilomètres, où l’eau est prélevée sur une borne à incendie.
Un habitant de Saint-Rémy, Guy Nicolle, témoigne de l’urgence de la situation : « On est obligés d’aider le village d’à côté, mais on se demande si nous aussi, on aura assez d’eau. » Il ajoute avec un brin d’ironie : « À ce rythme-là, l’eau va devenir plus chère que le vin. »
Cet été, les habitants prennent conscience de la nécessité d’économiser l’eau. Certains récupèrent l’eau de la douche pour la verser dans les toilettes, d’autres évitent de se laver les mains avec du savon. Isabelle Gourdin, habitante de Quincerot, a renoncé à son potager, mais continue à entretenir ses fleurs grâce à l’eau d’un puits.
Face à cette situation, un prospectus a été distribué pour inciter les habitants à économiser l’eau. Gilles Robillard exprime son inquiétude concernant les fuites sur le réseau, car les sols argileux se rétractent avec la sécheresse. L’an passé, la facture des quatre journées de citernage avait atteint 8 400 euros, et cette année, elle pourrait atteindre 25 000 euros.
La situation de Quincy-le-Vicomte et de Quincerot n’est pas isolée en France, mais elle est particulièrement marquée par sa durée et le volume des rotations concernées. Le réchauffement climatique devrait accroître les tensions d’approvisionnement dans les années à venir.
Des solutions à long terme sont envisagées, notamment l’interconnexion des six communes qui longent la rivière Armançon, nécessitant un investissement de plus de 2 millions d’euros pour financer 7 km de tuyaux. Une étude sera lancée à la fin de l’été pour analyser plusieurs puits du secteur et collecter des données pour trouver des alternatives.
Source : Franceinfo



