Sécheresse : qui peut décider de sauver les poissons et faire des pêches de sauvegarde ?
Sécheresse, canicule : nombre de cours d’eau ont vu leur niveau baisser de manière très importante, voire catastrophique, alors que les maigres eaux restantes sont devenues anormalement chaudes. Une situation parfois dramatique pour les poissons. Mais qui peut prendre la décision d’organiser des pêches de sauvetage ?
Lorsque le niveau d’un cours d’eau est anormalement bas, les poissons sont en grave danger, sans parler des eaux qui se réchauffent de façon dramatique. Les pêches de sauvegarde peuvent alors être autorisées par l’État. En France, elles sont strictement interdites sans autorisation préfectorale : elles sont alors considérées comme des actes de braconnage pour mode de pêche interdit, passibles de deux ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.
« Seul un arrêté préfectoral peut décider d’une pêche de sauvegarde, » nous explique la préfecture du Bas-Rhin. « Ces pêches de sauvegarde sont, pour ce qui est de la sécheresse des cours d’eau, demandées par les associations agréées pour la pêche et les milieux aquatiques et sont réalisées par la fédération départementale de la pêche et des milieux aquatiques et les associations agréées. » L’objectif est d’exfiltrer les poissons menacés par la canicule et le manque d’eau.
Dans le Bas-Rhin, la préfecture a confirmé qu’aucune pêche de sauvegarde n’avait eu lieu jusqu’à présent, la Fédération de pêche du Bas-Rhin n’ayant pas fait de demande. En revanche, dans le Haut-Rhin, environ vingt pêches de ce type ont eu lieu depuis le début de l’été : dix à la demande des associations qui ont alerté la préfecture, et une dizaine d’autres à l’initiative de la Fédération de pêche du Haut-Rhin.
Lors des pêches de sauvegarde, les poissons sont capturés par pêche électrique, un processus qui consiste à soumettre les poissons à un champ électrique de faible intensité. Ce champ attire les poissons et les immobilise temporairement, facilitant leur capture. « Cette pêche nécessite un matériel particulier et des personnes formées pour les manipuler, » précise la préfecture du Bas-Rhin, ajoutant que des mes appropriées sont prises pour minimiser la souffrance des poissons ainsi sauvés. L’Office français de la biodiversité (OFB) peut également intervenir pour participer ou contrôler ces opérations.
La situation hydrologique se dégrade de jour en jour. « Les poissons sont en souffrance. L’eau se réchauffe de plus en plus rapidement, » déclare Rémy Wagner, président de l’Association agréée pour la pêche et la protection des milieux aquatiques (AAPPMA) de Woerth. La préfecture du Bas-Rhin a noté que les précipitations du 31 juillet au 2 août ont été insuffisantes pour améliorer la situation. La dégradation de l’hydrologie des cours d’eau et de la nappe d’Alsace va donc se poursuivre.
Avec des cours d’eau dégradés de manière généralisée en Alsace, les ressources manquent pour organiser le sauvetage et pour trouver des lieux capables d’accueillir d’éventuels poissons sauvés. Faute de pluie, leur mort semble donc inévitable.
Source : France 3 Régions



