Les légumes ne poussent plus : la sécheresse impacte les jardins ouvriers de Limoges
Placée en état de crise sécheresse, la Haute-Vienne impose de fortes restrictions sur l’usage de l’eau. Dans les quatre jardins familiaux de Limoges, les récoltes s’annoncent moins généreuses et les jardiniers doivent adapter leurs pratiques pour continuer à faire pousser des légumes, indispensables pour de nombreuses familles.
Sous le soleil, les tomates continuent de rougir et les courgettes grossissent lentement. En apparence, ces jardins résistent. Cependant, la sécheresse bouleverse le quotidien des 300 familles qui possèdent un jardin. Les réserves d’eau de pluie sont presque vides, les arrosages sont limités aux horaires autorisés par la préfecture, et chaque goutte devient précieuse.
À La Bastide, où 61 parcelles sont cultivées, ces jardins ne sont pas seulement des espaces de loisirs. Comme le rappelle le trésorier de l’association, Jean-Pierre Auculon, ils fournissent « de la nourriture à la famille » et représentent « un apport économique à la maison, surtout dans les conditions actuelles ». Au fil des années, le site est devenu un lieu de rencontre pour des habitants de différents quartiers et cultures.
Cette année, certaines cultures n’ont pas résisté au manque d’eau. Au jardin familial du Val de Laurence, Gilles Jeanrot décrit une situation « catastrophique ». Depuis juin, il n’y a pas d’eau, et malgré les arrosages, « les légumes ne poussent plus ». Les haricots verts, semés à deux reprises, ont « pourri en terre » sans jamais germer. Le jardinier concentre désormais l’eau sur les cultures les plus fragiles, comme les tomates et les courgettes.
Les cuves de récupération étant presque à sec, les jardiniers n’ont souvent d’autre choix que d’utiliser l’eau potable mise à disposition sur les sites, une solution qui permet de sauver une partie des récoltes. Les restrictions modifient également le rythme de vie des jardins. Les parcelles restent désertes une bonne partie de la journée, et les jardiniers viennent désormais avant 8 heures ou après 20 heures pour arroser.
Pour Jean-Pierre Auculon, cette sécheresse n’est plus un épisode exceptionnel. Elle impose de revoir des habitudes parfois vieilles de plusieurs décennies. Les légumes sont désormais plantés au fond des sillons pour que l’eau reste au pied des racines. Le paillage, qui conserve l’humidité, commence à être utilisé, mais reste peu répandu. L’association prévoit de former les jardiniers à cette pratique essentielle.
Le changement climatique pousse également les jardiniers à revoir le choix des légumes cultivés. Certaines variétés anciennes supportent de moins en moins les fortes chaleurs. Jean-Pierre Auculon souligne qu’il faudra privilégier des variétés plus résistantes à l’avenir et envisage d’installer davantage de filets d’ombrage pour protéger les cultures.
Les cuves actuelles, limitées à 800 ou 1 000 litres, ne suffisent plus pour traverser des étés aussi secs. L’association réfléchit à augmenter la capacité des réserves d’eau de pluie pour mieux faire face à ces conditions climatiques.
Source : France 3 Régions



