Sécheresse dans les Alpes-Maritimes : une situation alarmante pour les agriculteurs
Les dernières pluies n’ont pas suffi à renverser la tendance. Les cultures dans les Alpes-Maritimes, touchées par une sécheresse persistante depuis le printemps, subissent des pertes considérables. À Gattières, Lucie Clerissi, agricultrice, a constaté une diminution de 20 % de sa production de courges cet été.
Le déficit pluviométrique dans le département s’élève à près de 17 % depuis septembre 2025. Lucie Clerissi décrit une situation préoccupante : « Vous voyez, les plantes sont tachées. Les plants sont complètement. Ils sont de toutes les couleurs. » Les feuilles jaunies par le soleil et les maladies dues à la chaleur sont des conséquences visibles de cette sécheresse. Cette année, plus de 20 % de ses plants de courge n’ont produit aucun fruit. « Depuis ces trois dernières années, ça commence à faire beaucoup. Tous les ans, on entend « sécheresse ». Mais cette année, c’est trois fois d’affilée, et surtout depuis le mois de mai, ça commence à faire long », déplore-t-elle.
Depuis le printemps 2026, la sécheresse s’est intensifiée dans tout le département. Le 14 août dernier, la préfecture a instauré un nouvel arrêté, plaçant Gattières en zone d’alerte sécheresse, et plus de 100 communes sont désormais soumises à des restrictions d’eau.
Jean-Philippe Frère, oléiculteur et président de la FDSEA des Alpes-Maritimes, souligne que « nous vivons une situation sans précédent. Toutes les filières sont touchées : les apiculteurs, les maraîchers, les arboriculteurs. Globalement, les agriculteurs du département enregistrent entre 50 et 80 % de pertes. » Ces pertes sont attribuées à une pluviométrie très faible et à des températures exceptionnellement élevées.
Pour tenter de sauver ses récoltes, Lucie Clerissi est contrainte d’arroser ses cultures, malgré les restrictions en vigueur, notamment l’interdiction d’irriguer par aspersion durant les heures chaudes. Elle utilise un système d’arrosage par forage, mais redoute une augmentation significative de sa facture d’électricité. « Je pense que ça va être un budget, donc on attend la douloureuse nouvelle, pas avec impatience », confie-t-elle.
Face à cette situation, Lucie Clerissi espère une prise de conscience des pouvoirs publics concernant l’importance de l’eau pour l’agriculture. Elle envisage également de diversifier sa production pour s’adapter aux défis du changement climatique.
Source : France 3 Côte d’Azur

